jeudi 12 novembre 2015

Performer, version revisée Andrina Gamboni


Performer - Piggeldy et Frédéric

Transcription :
Piggeldy voulait savoir si la petite lumière dans le frigo était éteinte, après qu’on avait refermé la porte.
« Frédéric »
, Piggeldy a demandé à son frère,
« Frédéric, est-ce que la petite lumière dans le frigo est vraiment éteinte quand on referme la porte ? »
« Rien de plus simple que cela ! »
, répondait Frédéric.
« Viens avec moi ! »
Piggeldy a suivi Frédéric. Ils se sont promenés dans un champ vert. C’était une belle journée d’automne. Les feuilles étaient en train de tomber et le vent soufflait. Frédéric a annoncé : « Et voilà, nous sommes arrivés ! Rien de plus simple que prouver que la petite lumière dans le frigo, est vraiment éteinte. »
Frédéric a ordonné à Piggeldy :
« Piggeldy, va dans le frigo ! Moi, je fermerai la porte. »
Piggeldy a obéi et est monté dans le frigo. Frédéric a fermé la porte.
« Ohh, qu’est-ce qui se passé ? Qui a éteint la lumière ? J’ai peur ! Frédéric, où est-tu ? Aide-moi Frédéric ! »
Fréderic a entendu la voix pleine de peur de son petit frère et s’est dit 
« Et voilà, maintenant on a prouvé quod erat demonstrandum. »

Explication :
Mon pastiche (de l’italien pasticcio, « pâté ») est une imitation du style des deux allemands, Elke Loewe et  Dietrich Loewe, qui ont produit dans les années 70 du vingtième siècle une série de dessin animé pour le canal de télé allemand ARD. Il s’y agit de deux cochons-frère roses dont le moins âgé demande à l’aîné une question par épisode qui vient répondue. On envisage toujours la même structure et l’aîné répond chaque fois avec la même phrase : « Rien de plus simple que cela ! » Cette série est connue par tous les enfants de langue allemande de mon âge. Et voilà le URL pour ceux qui ne connaissent pas ces épisodes courts (3 minutes) : https://www.youtube.com/watch?v=-8pahaLRjKs. J’ai crée un épisode nouvel en utilisant la même structure et parfois les mêmes énoncés comme le couple Loewe. Mais je n’ai pas produit une série de dessin animé et j’ai mis en scène deux peluches d’ours.

Avec cette petite séquence adaptée de Piggeldy et Fréderic, j’aimerais premièrement montrer qu’on ne se pose plus assez de questions dès qu’on n’est plus un enfant. La plupart parmi nous n’a pas le temps de se poser des questions, parfois philosophiques, comme :
-       Peut-on apprendre à penser?
-       La raison a-t-elle des limites?
-       La mort rend-elle la vie absurde ?
-       Peut-on concevoir des sociétés sans violence ?
-       Être libre, est-ce faire ce que l’on veut ?
-       Pourquoi la tartine qui tombe atterrit-elle toujours du côté où se trouve la confiture ?
-       La passion est-elle toujours un esclavage ?
-       Faut-il avoir peur du progrès technique ?
-       Pourquoi travaillons-nous ?
-       Y a-t-il des usages légitimes de la violence ?
-       L’art est-il utile ?
-       Faut-il défendre l’ordre à tout prix ?
-       Être libre est-ce faire ce qui nous plaît ?
-       Dieu existe-t-il ?
Ce n’est pas seulement une question du temps, c’est aussi une question de commodité et de paresse. Dans ce monde, on doit avoir non-stop assez de rendement. Quand on peut finalement se reposer à la fin de la journée, on ne veut pas se pencher sur une question difficile dont la réponse demande à nouveau d’activer le cerveau. On préfère faire du sport et utiliser les muscles quand on a fatigué la tête au travail pendant toute la journée. En plus, nous avons peur de réfléchir et de penser. Elle peut faire mal, peut nous inquiéter et nous déprimer. Donc, dans notre monde, il n’y a presque pas de place pour des questions difficiles, sauf si on se fait de la place et on se réserve du temps pour réfléchir et penser.
À mon avis, se poser des questions profondément sur le système (soit politique, soit économique) et le monde n’a pas de valeur dans notre société. C’est sûr, qu’il a toujours un petit group des esprits libres, souvent des artistiques ou des cercles culturels qui prennent le temps pour y réfléchir. Cependant, ils existent beaucoup de politiciens etc. qui font semblants de se concerner d’une question difficile. Mais pour la majorité du monde industrialisé occidental les valeurs les plus importantes sont le divertissement et le succès (lié à l’argent). Ainsi, avec cette séquence je veux redonner aux questions une valeur.

Le deuxième thème que j’aimerais aborder ici c’est la pédagogie. Mon opinion est, qu’il faudra laisser faire un enfant ses expériences: Dans le petit film, Piggeldy fait l’expérience que la petite lumière s’éteint en renfermant le frigo. Frédéric aurait aussi pu répondre à cette question en ne disant que « oui, la lumière s’éteint. » Mais il a choisi la manière d’ « apprendre à travers l’expérience ».

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