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lundi 14 décembre 2015

Lecture version révisée

 
Lecture
 Chapitres 38, 39, 40
 
a) Le grand cahier, Agota Kristof (Paris (1986) : Editions du Seuil.)
 
 
b) Chapitre 38: Les alertes
 
Ce chapitre est important parce qu’il parle de l’augmentation des alertes. Le fait que les alertes deviennent plus fréquentes rappelle au lecteur que la guerre s’approche. Les habitants effrayés de la petite ville se cachent toujours dans des caves. Ceci contraste avec la nonchalance des jumeaux qui ont remarqué que les gens meurent dans les caves et qui préfèrent rester au-dehors. C’est non seulement l’absence de crainte face aux situations dangereuses qui étonne le lecteur à ce moment, mais aussi le profit qu’ils tirent de telles situations. Ils agissent d’une manière très calculée et cynique, puisqu’ils se servent dans les maisons désertées.
 
Chapitre 39 : Le troupeau humain
 
Le chapitre suivant montre des jumeaux moins nonchalants que précédemment. Les gens qu’ils observent, les déportés, sont des gens comme eux et comme des personnes qui leur sont proches. Les déplacés les marquent de même que le comportement ignoble de la servante à leur égard. Ainsi ils se refusent  à manger, ce qu’on pourrait voir comme une expression de solidarité.
 
 
Chapitre 40 : Les pommes de Grand-Mère
 
C’est le moment où les jumeaux comprennent que la guerre n’est pas un jeu. Celle-ci commence à les concerner personnellement aussi. Le cordonnier, qui a probablement souffert du même destin que les gens qu’ils ont observé au chapitre 39 et, surtout, la blessure grave que leur Grand-mère reçoit à cause d’une attaque des soldats allemands, les frappent. De plus, la sollicitude qu’ils montrent envers leur Grand-Mère démontre qu’ils ont, malgré tout, développé une certaine affection pour elle.
 
c) Résumé
 
Chapitre 38 :
 
Les jumeaux racontent comment les alertes déclenchées Suite aux attaques aériennes commencent à se multiplier. Ils ne se cachent jamais pendant une alerte mais saisissent l’occasion de cambrioler des maisons qui sont vides au moment où les habitants se cachent dans les caves. Quand il y a une nouvelle alerte, il y a des gens qui forcent les jumeaux à se cacher dans un abri. Mais eux ne veulent pas y rester, parce qu’ils ont observé que la plupart des gens meurt dans les abris. Ils se libèrent donc d'une manière violente et commencent à se battre et à s’arracher violemment des mains de leurs « sauveurs »
 
Chapitre 39 :
 
Lors d’une visite chez le curé et la Servante, les enfants observent un cortège de gens de leur village emmené par des soldats étrangers. Les gens ont l’air pauvres et affamés. La manière dont ils sont traités par les Allemands est très cruelle. La servante, qui est en train de faire la coquette avec un soldat, se moque des pauvres en faisant semblant de vouloir leur donner à manger ce que à la fin elle mange elle-même. Les enfants qui étaient en train de manger refusent par la suite de finir leurs tartines et de prier avec le curé.
 
Chapitre 40 :
 Après avoir vu ce que les enfants nomment le cortège des déportés, ils veulent vérifier si le cordonnier va bien. Malheureusement, ils trouvent sa maison vide et une femme leur raconte que lui aussi a été emmené par les soldats. Les deux retournent à la maison et trouvent leur Grand-Mère blessée dans son jardin. Ils la soignent et l’aident à rentrer dans la maison. Elle leur raconte qu’elle a été tapée par les soldats parce qu’elle a laissé tomber par méprise ses pommes dans la rue pendant le cortège.
 

mercredi 9 décembre 2015

Ouïr-Voir. Version révisée

3- Ouir voir
b) le film en bref

Titre: Trop belle pour toi

Acteurs principaux : Gérard Depardieu, Josiane Balasko, Carole Bouquet

Réalisateur : Bertrand Blier

Scénariste : Bertrand Blier

Année de sortie : 1989

Durée : 91 min

Genre : comédie dramatique

Pays de sortie : France

 c) choix de 2 séquences

d) Pourquoi les deux séquences sont-elles importantes ?

La première séquence montre le personnage principal du film. Bernard Barthélémy est au bureau du garage BMW qu’il possède. C'est un homme privilégié qui vit une vie de haut standard avec sa femme et ses deux enfants dans une belle maison. La femme de Bernard lui rend visite au bureau, ce qui est inhabituel. Elle a une raison bien particulière de le faire: elle soupçonne une relation entre son mari et la secrétaire intérimaire. Ceci est bien le cas : Son mari a une liaison amoureuse avec Colette, la secrétaire. Elle est une femme complètement différente de sa femme Florence qui est une beauté classique. Colette est plutôt ordinaire, autrement dit, elle n’a rien de particulièrement attreiant. Mais, pour Bernard et Colette, c’est un coup de foudre : Dès le premier regard qu’ils échangent, ils ressentent une forte passion l’un pour l’autre. Dans la scène on voit très bien le dilemme de Bernard. Il ne veut pas blesser sa femme qu’il aime et avec laquelle il a passé sa vie, mais en même temps il éprouve une passion forte pour Colette. Ainsi il n’arrive pas à lui résister. Colette a bien conscience de l’incommensurabilité entre elle-même et Florence. Elle ne peut pas comprendre pourquoi Bernard peut tromper sa femme magnifique avec une femme comme elle. C’est pourquoi elle pense que son amant n’est pas sérieux par rapport à leur liaison. Mais Bernard continue l’aventure avec Colette et "les conneries", comme il le dit, à la fin de la séquence.

La deuxième séquence se trouve à la fin du film. Bernard n’a pas pu choisir entre les deux femmes. Peut-être parce que ça aurait été plutôt un choix entre sa vie stable avec ses enfants et la femme qu’il a aimée et une vie en mouvement avec la femme qu’il aime d’une manière qu’il n’a jamais connue avant. Bernard est confronté à une situation où les deux femmes sont présentes en même temps. Mais même là, devant ce rapprochement direct des deux femmes, il n’arrive pas à prendre une décision : On voit les déchirements qu’il éprouve. Il ne veut pas quitter sa femme, mais il craint pour Colette qui est dans le froid sans manteau. La disposition des trois personnes principaux dans cette scène, c’est-à-dire les deux femmes qui se trouvent face à face et Bernard qui s’agite entre les deux, représente le conflit central du film. Cela va être le destin funeste de Bernard : A la fin, c’est lui qui va rester seul. De plus, on entend la musique de Schubert que le fils de Bernard écoute pendant tout le film à cause d’un projet scolaire.  Bernard ne supporte pas de l’entendre.

e) interprétation et spécificités du film

Le film, qui a une action peu complexe et racontée rapidement, a été réalisé d’une manière extraordinaire par le réalisateur Bertrand Blier. Il est composé de nombreuses séquences parfois très courtes, parfois plus longues. Les séquences représentent différentes perspectives : le spectateur voit l’histoire du point de vue de tous les personnages. En outre il y a des séquences rétrospectives et d'autres qui se déroulent dans la conscience des personnages. Il incombe au spectateur de les trier et de décider de ce qui fait partie de l’histoire réelle et de ce qui est fantastique. La musique de Schubert souligne très bien le film et y ajoute un aspect théâtral.

C’est entre autres à cause de cette réalisation artistique que le film de Bertrand Blier a eu un grand succès à sa sortie. Il a gagné le Grand Prix du Jury du Féstival de Cannes en 1989 et cinq Césars en 1990, dont le Prix pour le meilleur scénario ou adaptation originale.

mardi 8 décembre 2015

Traduction. Version révisée.


Mémoires d`un élève moyen : traduction

Puis je me suis allumé ma pipe, que je m’étais achetée a pour le voyage, pour que je ne me fasse b  pas trop remarquer en Angleterre, et je suis sorti dans la rue pour explorer Londres.

Mais j’ai eu beau marcher comme je voulais, je finissais toujours dans la même rue avec les mêmes maisons et les arbres minces. Sauf qu’elle avait un autre nom chaque fois ! – J`ai eu peur et j’ai décidé de déjeuner. Vis-à-vis j’ai vu un « Public House », ce qui ne signifie que guinguette, et qui n’était sûrement pas très cher. Cela avait deux portes, « saloon-bar » et « public-bar ». Dans le guide Metoula j’ai trouvé que « saloon-bar » était pour les « gentlemen » et le « public-bar » pour les «men». Du « public-bar » est sorti un homme, qui avait l’air de ce qu`on nomme en allemand un gaillard et je lui ai demandé par quelle porte je devais entrer. Il s’est brossé la moustache et m’a regardé de façon précise. « Man » ou « gentleman » ?- Etranger, décida-t-il. Vexé j’ai ouvert la porte « saloon ». Elle menait directement dans le bar, mais dans la plus petite partie, où la table avait une nappe et où  les chaises étaient rembourrées pour les « gentlemen ».

Le patron me donna une carte abîmée avec des prix. Je suis parti de nouveau à travers la porte « for men » et je me trouvai d’autre côté du comptoir, dans l’autre salle, plus grande, avec des bancs durs, et j’attendais à une carte pour l’homme de la rue. Mais le patron prit de l’autre côté la même carte avec les mêmes prix et deux colonnes de mots, qu’on n’avait pas appris à l`école à part « beer » et « sandwiches ».

Pendant que je déjeunais (ma bière), je réfléchissais sur ce qu’on doit voir à Londres. Je n’ai rien trouvé et j’ai demandé au patronnce qu’il visiterait à Londres. Il réfléchit et me recommanda le monument du Prince Albert.

 
3 explications de grammaire

a) accord du participe passé : proposition relatif avec que : C’est une proposition relative introduit par que. « Que » n’a pas de genre et nombre donc l’accord se fait avec l’antécédent, donc le COD.

b) Subjonctif : On utilise le Subjonctif dans plusieurs cas :

- Après les verbes de sentiments : émotion (je suis triste que…), jugement (je suis furieux que…), étonnement (s’étonner), crainte (avoir peur que…), nécessité (il faut/il ne faut pas…).

- Après des expressions de volonté : ordre (demander, ordonner…), souhait (vouloir…), permission/interdiction (permettre, accepter…), conseil (conseiller…)

- Après des expressions de possibilité : supposition (il est possible…), doute (douter, il est douteux…)

- Après des verbes marquant le degré de certitude (penser, croire, être certain etc…). Certains de ces verbes ne sont suivis du subjonctif que optionnellement dans la forme négative ou interrogative.

- espérer et souhaiter dans certaines cas particuliers (doute, attentes etc.)

- Après des verbes de déclaration : dire, affirmer, déclarer (ne pas dans tous les cas mais souvent dans la forme négative et interrogative.)

- Après des expressions impersonnelles qui on « il » comme sujet. : Il faut que, il est important que, il est dommage que etc…

- Après certaines conjonctions particulières de but, temps, condition, concession, crainte et restriction.

c) le passé simple : Le passé simple est utilisé pour les verbes qui font partie du récit. Il est utilisé pour les actions au premier plan du récit et ne pas pour les descriptions comme l’imparfait. Mais comparé au passé composé qui et aussi utilisé pour les actions, on se sert du passé simple plutôt si la personne qui parle, donc l’énonciateur, est absent du récit, donc s’il parle d’un personnage fictif. Souvent c’est pour « il » et « elle ».

Le thème/ personnage principal :

Jakob, le personnage principal du livre d’Alexander Spoerl (publié 1950), se trouve dans ce paragraphe  à Londres pour un échange dans le cadre de ses études. Il semble être jeune et  ne  pas encore vraiment connaître le monde, mais en même temps il est curieux et extrêmement intéressé par tout ce qu’il ne connait pas. Dans la scène du bar, on remarque que le personnage principal n`est pas habitué à être traité comme une personne normale ou une personne de la rue. Il veut voir toute la ville et en profiter à fond. Le fait qu’il est traité comme un touriste par l’homme du bar ne lui plaît pas. Il veut rester anonyme et on lui traite comme un  touriste mieux dit come une personne venant d’un autre pays. Cela lui dérange beaucoup.

Le livre d’Alexander Spoerl est écrit dans un style plutôt humoristique. Mais en même temps ça traite des sujets très sérieux, comme la deuxième guerre mondiale. On ne sait pas dans quel mesure le livre est autobiographique mais on sait qu’il y a des points particuliers qui se recoupent avec la vie de Spoerl. Le roman a été consacré à Libertas Schulze-Boysen, une femme qui a lutté contre le régime des national-socialistes.

Le roman avait été porté à l’écran en 1974 par Werner Jacobs.

Rencontrer. Version révisée


Interview S.L

 

S. est une amie de moi qui vient de Nyon. Je l’ai rencontrée pendant mon semestre à Lausanne où on a fait des études de médecine ensemble. Après avoir quitté Lausanne, Sophie et moi, nous nous sommes encore vues de temps en temps. Ce n’est pas facile avec la distance Nyon-Bâle. Sophie a 21 ans et elle est une fille joyeuse, souriante et généreuse. Après avoir arrêté médecine, elle a dû se réorienter et trouver une formation alternative qui lui plaît autant ou même plus que ce qu’elle voulait faire tout d’abord. Elle est maintenant étudiante à la haute école de santé à Genève pour devenir infirmière. Dans notre interview elle parle de comment elle a vécu cette situation pas très facile et comment elle a réussi à trouver ce qu’elle aime faire.

 

Salut S. Pour commencer : Tu fais la haute école de santé, est-ce que tu peux me dire quelle était ta motivation  pour devenir infirmière ?

 

Alors, en tout premier lieu parce que les hôpitaux ça m’a toujours intéressée, j’y ai passé pas mal de temps. Quand j’étais à l’école j’étais décidée à faire médecine. Donc j’ai fait les études de  médecine et j’ai raté de peu de points un examen, ce qui fait que je me suis retrouvée en année sabbatique. Et pendant cette année sabbatique, j’ai dû redéfinir mon identité personnelle et professionnelle vu que je pensais toujours à vouloir faire médecin. Alors ça m’a pris pas mal de temps. J’ai fait des stages dans des hôpitaux pour voir si ça allait toujours me plaire. En plus j’ai fait mon voyage humanitaire qui m’a appris beaucoup de choses sur moi-même. Et puis après mes stages aux hôpitaux, j’ai décidé que je voulais faire infirmière et que ça me correspondait plus que médecin.

 

Ok. Donc tu m’as dit que t’avais déjà fait plusieurs stages. Est-ce que tu peux dire ce qui te plaît le plus dans ton futur métier ?

 

Il y ait le côté relationnel des soins, ce que tu as pas forcément chez les médecins. Puisque l’infirmière, elle, est vraiment le point central du traitement d’un patient. C’est l’infirmière qui voit si, par exemple, ton patient, il est dénutri, c’est elle qui va faire appel à la diététicienne, ou s’il y a un problème de coagulation, elle fait appel au physiothérapeute. Si le médecin, il arrive, c’est vraiment elle le porte-parole entre le patient et le médecin. C’est ça qui me plaît.

 

Tu as parlé de ton voyage humanitaire en Afrique. Ça me semble être très intéressant. Raconte-m’en un peu plus à propos de ce voyage s’il te plaît.

 

Je suis partie avec une association en Tanzanie, à Daressalam, pendant 10 semaines. J’ai vécu dans une famille locale et j’ai travaillé dans un orphelinat.

 

Ok. Donc t’as fait un voyage qui comprend un grand aspect social. Je me demande alors si ton voyage était lié à ton choix professionnel ?

 

Euh…Directement non. Mais indirectement, on peut le dire, parce que si tu n’as pas les qualités de générosité et l’envie d’aider, je ne pense pas que tu puisses travailler dans les soins. Mais directement, la réponse serait non, parce que là-bas je n’ai pas fait de soins. J’ai fait que du relationnel.

 

Et est-ce que ton voyage vu rétrospectivement correspondait aux attentes que tu avais avant de partir ?

 

Non. Non pas du tout. J’avais pensé, si tu fais un voyage humanitaire c’est pour aider les gens et changer les choses. C’est absolument pas ça. Donc, je n’étais pas prête, et quand j’ai été sur place, j’ai eu un grand coup de blues, si on peut dire ça. Parce que tu dois tout remettre en question pour comprendre que tu n’es pas là-bas pour aider et changer les choses, mais plutôt pour essayer de faire que la situation soit soutenable. Une fois que j’avais réussi à accepter cela, je me sentais plus à l’aise.

 

Tu vécu alors pendant un certain temps dans un pays qui diffère pas mal de la Suisse. Est-ce qu’il y avait des choses en particulier qui t’ont frappée ou même choquée ? Par exemple en relation avec la culture ou l’infrastructure ?

 

L’infrastructure pas trop. Mais il y avait deux choses en particulier qui m’ont vraiment frappée. Premièrement, je savais qu’ils frappaient les enfants, mais pas à ce point. C’est vraiment de la violence. Ils frappaient les enfants, vraiment, à coup de bâton. La deuxième chose qui m’a choquée c’est qu’il y a beaucoup d’albinos là-bas et ce sont vraiment des gens reculés de la civilisation. Les gens qui vivent dans les tribus, s’ils ont une maladie qu’ils veulent guérir, ils coupent les bras et les jambes des albinos, et les apportent au médecin local, parce qu’ils croient que s’ils amènent un membre d’un albinos, ils seront soignés. Car, sans offrande au médecin, les soins ne sont pas effectués. 

 

Je comprends que ça t’a choquée. Je ne veux même pas imaginer voir de telles choses. Alors, il me semble que la culture du pays où tu vivais diffère quand même beaucoup de celle d’ici. Est-ce que c’était dur de s’y habituer ?

 

Je dirais non. Ce n’était pas dur. Je me sentais pas mal à l’aise. Je me suis sentie vraiment comme chez moi. Peut-être, c'est parce que la famille dans laquelle je vivais, elle m’a mise dans cet état. Mais, quand j’allais au travail, je ne me sentais pas toujours à l’aise. Le seul truc qui m’a freinée dans mon enthousiasme du voyage c’était la violence envers les enfants et d’accepter que je ne pouvais pas changer les choses.

 

Après tout ce que tu m’as raconté, est-ce que tu pourrais définir quelque chose en particulier que ton voyage t’a apporté ?

 

Ça m’a beaucoup appris sur moi-même.

 

Dans quel sens ?

 

Dans le sens que j’ai découvert des attitudes, des comportements que je ne connaissais pas de ma personne. Et même si j’étais capable de m’adapter très facilement à n’importe quoi, ça renforce encore plus, parce que j’ai connu des gens des quatre coins du monde, j’ai dû travailler avec eux. J’ai dû travailler avec des gens qui frappaient les enfants et ce n’est pas forcément ce que moi je veux et j’ai dû m’adapter à ça aussi. Et j’ai réussi à le faire, donc, je pense c’est positif pour quand tu soignes quelqu’un que tu n’as pas vraiment envie de soigner, mais tu es obligé, tu dois aussi t’adapter parce que c’est ton boulot.

 

Ok, et après avoir entendu toutes tes expériences, j’aimerais savoir si tu recommanderais de faire un tel voyage et à qui.

 

Oui, alors, de toute façon je le recommanderais à tout le monde. Après, par rapport à la personne à qui je le conseillerais : Tu peux le conseiller à tout le monde, mais il y a des gens qui vont devoir faire plus d’efforts, parce qu’il y a des gens qui ne savent pas forcément s’adapter aux autres cultures et pays. Et moi, avant de faire ce voyage, j’avais déjà eu la chance de voyager beaucoup, et donc de voir beaucoup cultures différentes, et ça aide quand-même. Il faut juste être consciente qu’un voyage humanitaire ce n’est pas pour changer les choses. Clairement pas. Et il faudrait peut-être s’informer un peu sur la culture et les conditions de vie du pays avant un tel voyage si on ne la connaît absolument pas.

 

Merci beaucoup pour cette interview intéressante.

 

Justification et recherches

 

J’ai choisi Sophie comme partenaire pour mon interview parce que je la connais très bien et je savais qu’elle allait avoir des choses très intéressantes à raconter. En même temps je voulais en savoir plus sur son voyage et je pensais pouvoir obtenir un point de vu plus objectif comme interviewer que comme amie. Ceci  me permettait de recevoir des réponses plus détaillées. Je pense que, pour les lecteurs de mon âge, ça pourrait être intéressant de lire ce qu’elle a vécu, parce qu’il y a beaucoup d’étudiants qui se retrouvent dans la même situation pendant leurs études : Ne pas pouvoir poursuivre son choix initial et devoir trouver une autre option. En plus, je trouve, que la manière rational et analytique, dont S. raconte de son voyage, est très impressionnante car c’est clairement une expérience marquante et touchante.

Explication : accord du participe passé

-          Accord du participe passé avec avoir :

Le participe passé s’accorde avec un COD dans les cas suivants :

1. Proposition relative introduite avec que :

Les livres, qu’il a lus.

2. COD = Pronom personnel devant le verbe.

Il m’a rendu les livres sans les avoir lus.

3. Dans une question, si l’interrogation porte sur le COD à celui-ci est placé devant le verbe.

Combien de livres elle a rendus ?

 

-          Accord du participe passé avec auxiliaire être :

Le participe passé s’accorde toujours avec le sujet : Genre et nombre.

Elle est partie.

-          Accord du participe passé des verbes pronominaux :

Le participe passé s’accorde toujours avec le sujet : Genre et nombre.

 

Elle s’est maquillée.

Ne pas si le verbe pronominaux et suivi d’un COD à Elle s’est maquillé les yeux.

 

-          Accord du participe passé suivi d’un infinitif :

 
Les oiseaux que nous avons entendus chanter. (On entend les oiseaux.)

 

Voir-Ecouter. Version révisée

Voir-Ecouter
Nom de la vidéo : Interview biographie Elie Wiesel
Émission : Talkshow sur ina.fr avec Thierry Ardisson et Elie Wiesel.
Intervenants :  TA: Thierry Ardisson (modérateur)
EW :               Elie Wiesel
M :                  Monsieur
Public : (applaudissements.)
TA : Elie Wiesel bonsoir.
EW : Bonsoir.
TA : Ça va ?
EW : Oui, pour l’instant.
TA : Alors, Elie Wiesel, témoin et survivant de l’holocauste, défenseur infatigable des droits de l’homme, et votre humanisme vous a valu en 1986 le Prix Nobel de la Paix.
Public : (applaudissements.)
TA : C'est un peu l’émission des Prix Nobel ici, on avait Shirin Ebadi il y a quinze jours, donc on fait beaucoup dans le Prix Nobel en ce moment, extrêmement respectable. Alors, Elie Wiesel, vous êtes né en Roumanie en 1928, à l’âge de quinze ans vous étiez déporté à Auschwitz, puis à Buchenwald. A seize ans, vous vous retrouvez à Paris, vous avez ni famille ni pays, vous êtes pris en charge par une œuvre caritative et vous faites des études de philosophie à la Sorbonne, mais vous hésitez avec le conservatoire, à ce moment-là. Pourquoi avoir choisi la philosophie ?
EW : Parce que, bon, j’aurais aimé être chef d’orchestre, parce que quant à un chef d’orchestre il y a quand même une écoute, mais l’histoire que moi j’avais à dire, c’était pas en musique que je pouvais la dire. Il fallait des mots. Donc…
TA : Au moment de la création de l’état d’Israël, vous embarquez à Marseille pour Haïfa, mais en arrivant vous êtes déçu par le regard que les jeunes Israéliens portent sur les survivants des camps, et vous décidez de revenir à Paris.
EW : J’étais pas prêt. C’est une sorte d’engagement. Spirituellement, j’étais lié à Jérusalem, je suis resté, mais pour y vivre j’étais pas prêt. Je faisais partie, je pense, je fais partie de la diaspora. Je vis en dehors d’Israël. Aimer Israël d’ailleurs. Mais j’aime Israël.
TA : Vous venez à Paris où vous devenez journaliste. Mais, témoigner de ce que vous avez vécu devient une véritable obsession et vous écrivez votre premier livre, La nuit. Un manuscrit, qui au départ n’intéresse pas beaucoup les éditeurs.
EW : Oh, ça avait été refusé, rejeté par tous les grands éditeurs de Paris et, ensuite à New York et du monde entier. C’est François  Mauriac qui, finalement, avait réussi à le placer aux Editions de Minuit et voilà c’est ainsi que c’est sorti en 58.
TA : Mais pourquoi ce manuscrit qui est excellent avait été refusé partout ?
EW : Ils me disaient premièrement Elie Wiesel est l’auteur d’un livre. Il le restera. Il n’écrira jamais autre chose. Et deuxièmement, c’est une histoire trop triste. On n’aime pas les choses tristes, disaient-ils. Il me semble  que c’est vrai. Ils préfèrent autre chose, des divertissements, ce n’était pas un livre pour divertir.
TA : Oui, c’est un livre sur votre expérience dans les camps.
EW : Ouais.
TA : Alors ce livre, qui est le premier de 47 autres, l’animatrice américaine Oprah Winfrey en a parlé il y a quelques mois dans son célèbre talk-show aux États-Unis et 45 ans après sa publication, ce livre est devenu numéro 1 de la liste des bestsellers à New York Times depuis neuf semaines…
EW : Oui à mon grand étonnement, je dois vous le dire. Mais vous savez moi j'avais cédé tous les droits aux Editions de Minuit, donc je ne savais pas ce qui se passait avec ce livre-là. C’est après que j’avais découvert que, même avant Oprah Winfrey, ce livre avait été vendu à 6 millions d’exemplaires en édition de poche. Mais c’est elle qui l’a lancé de nouveau avec une nouvelle traduction faite par ma femme et elle a vendu je pense un million et demi en deux mois. Mais c’est donc le livre sans lequel je n’aurais écrit rien d’autre.
TA : Ouais. C’est incroyable qu’un livre qui a été refusé par tous les grands éditeurs du monde, se soit vendu, depuis, à des millions d’exemplaires, et soit de nouveau un succès dès qu’on en parle à la télévision.
EW : C’est sans doute quelqu’un comme vous qui peut lancer un livre. (rit)
TA : (rit) Je ne sais pas. Ça nous arrive, oui.
M : En tout cas, elle, elle offre une voiture à chaque membre du publique.
TA : Ah ouais ?
EW : Pas toujours. Une fois elle a fait ça. Pas à moi en tout cas.
M : On a le droit de faire ça, Thierry ?
TA : Bien sûr.
Public: (Applaudissement)
M : Vous verrez, en sortant du parking, vous aurez une belle surprise.
c) analyse grammatical/linguistique
Usage du présent pour raconter des évènements du passé
Dans les premières questions de l’interview Monsieur Ardisson raconte la vie d’Elie Wiesel. Il parle donc d’évènements passés. Pourtant il utilise l’indicatif du présent pour raconter ces histoires. Ce qui paraît d’abord étonnant est utilisé plutôt dans la langue parlée pour résumer. C'est un procédé rhétorique. En utilisant le présent, le locuteur rend l’évènement plus actuel et vivant. Pour signaler qu’il s’agit d’évènements du passé on structure le récit avec des marqueurs du passé comme des dates ou des connecteurs logiques. On peut observer cela aussi ici.
d) Exercice audiovisuel :
Cochez la bonne solution.
1) Eli Wiesel est né en…
O 1926   O 1938   O1928
2)  Au moment de la création de l’état Israël Elie Wiesel embarquait à…
O Marseille   O Paris   O Israël
3)  Combien de livres Eli Wiesel a-t-il écrit ?
O 48   O 45   O 47
Donnez la réponse juste :
4) Comment s’appelle le nouveau livre d’Elie Wiesel ?
5) Comment s’appelle la maison d’éditions où La nuit a été publié ?
6) Mettez les évènements de la vie d’Elie Wiesel dans l’ordre correct.
a) déportation à Auschwitz
b) devient journaliste à Paris
c) publication de La Nuit
d) études de philosohpie à la Sorbonne
 e) né en Rumanie
 f) Publication du livre Un désir fou de danser
 Solutions:
 1) 1928
 2) Marseille
 3) 47
 4) un désir fou de danser
 5) Les éditions de minuit
 6) e, a, d, b, c, f