Affichage des articles dont le libellé est Rachel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rachel. Afficher tous les articles

mercredi 23 décembre 2015

Interview Radio France : « Y a-t-il une crise de la République ? » (émission du 8 décembre 2015)


Bonjour Marcel Gauchet, vous êtes philosophe et historien. Quel regard portez-vous sur le résultat des élections du dimanche dernier ?

J’ai l’impression vivre un cauchemar récurrente. L’épisode se répète implacablement. C’est comme si c’était une surprise. Ça fait plus de vingt ans ça dure. Chaque fois, la découverte du problème, comme s’il se posait pas avant, et les mêmes attitudes, les mêmes commentaires. Je pense qu’on pourrait faire une recherche d’archive en transplantant – et c’est plutôt plus modéré là-encore – 2002, aujourd’hui 2002, c’est quand même il y a treize ans, eh ben, le discours est le même. Il y a quelque chose de saisissant dans cet enfermement, dans un imbroglio, dont personne ne parvient à démêler les fils.

Alors moi, j’ai fait cette recherche d’archive, je suis allé voir vos textes, et notamment un texte que vous aviez publié en 1990, intitulé Les mauvaises surprises. De la lutte des classes, et c’est mauvaises surprises de la lutte des classes, c’était une fois de plus, la découverte du vote Front nationale et vous écriviez la chose suivante, Marcel Gauchet : « Un mur s’est dressé entre les élites et les populations, entre une France officielle avouable qui se pique de ses nobles sentiments et un pays des marges renvoyés dans l’ignoble. Les choses ont-elles changé? »

La France des marges, hélas, a élargi son spectre considérablement, elle n’est plus marge. C’est bien ça notre problème. C’est pour ça je crois qu’il serait assez utile de changer de discours une bonne fois et de réflexion. Mais je ne me fais pas d’illusion. Nous sommes repartis dans un scénario immobiliste, on va recommencer exactement le même psychodrame.

Pourquoi les Français votent-ils pour parti Front national, Marcel Gauchet ?

Je crois qu’ils votent essentiellement pour la protestation, et c’est ce qui fait d’ailleurs que tous les appels des personnes les plus variées, les plus qualifiées, les plus respectables, à ne pas voter pour le Front National, sont sans effet, puis que ils ne font en réalité que renforcer le sentiment, puisque ça les embête bien qu’on vote pour le Front National, eh bien justement on ne va pas manquer de voter pour le Front National. Donc, il y a un piège, et c’est du piège qu’il faut sortir et ne pas répéter les termes du piège qui ne sert à rien.

Contre quoi protestaient-ils ? Pourquoi faut-il embêter les partis officiels ?

La protestation est confuse. Elle est très globale. Elle renvoie d’abord à une situation économique particulièrement calamiteuse pour les Français. Ce qu’on sait du chômage de masse qui dure maintenant depuis plus de trente ans et qui ne fait que s’aggraver, finit par produire des effets complètement toxiques dans la vie sociale. C’est insupportable. C’est un fait. Surtout que la promesse – elle aussi récurrente – inlassable que c’est fini, on va changer de pied et on va obtenir des résultats, ne fonctionne jamais depuis plus de trente ans. Comment les choses pourraient-elles ne pas s’aggraver ? Alors ça… et puis, il y a effectivement le sentiment encore diffus d’un déclassement du pays. Nous sommes à la traîne, je pense à cet égard qu’une des choses les plus ressenties de façon implicite – parce que ce n’est pas dans les thèmes du discours qu’on entend quotidiennement, mais je pense que c’est très important. La France ne joue plus aucun rôle en Europe. Elle est à la traine, elle est à leur morte, elle subit, elle n’a rien à dire. Comment voulez-vous que cela ne soit pas ressenti ? Quand la France était pilote dans la construction européenne, le leader qui avait des idées qu’elle proposait, qu’elle avait un vrai projet, évidemment que le sentiment était différent. Aujourd’hui, qu’est-ce que c’est l’Europe ? Une contrainte insupportable qui vient intervenir tous les jours dans la vie quotidienne par les directives, quelles connes des normes qu’on n’avait pas venues venir des règlements abracadabrants. Et nous, qu’est-ce que nous avons à dire par rapport à ça ? Rien. Et puis, ils s’y rajoutent, effectivement, les problèmes qu’on met en avant, mais qui me semblent jouer un rôle bien moins grand qu’on le dit, les migrations, la sécurité, et alors, de ce point de vue-là, nous avions le scénario catastrophe parfait – sans parler du fait que il faudrait – je suis très étonné d’ailleurs que dans les commentaires on n’en parle pas assez de qu’est-ce que c’est ces élections régionales – qui offrait une fenêtre de vulnérabilité extraordinaire pour un vote de protestation.

(…)

_________________________________


1.      Recherche

Le scrutin régional du 6 décembre 2015 en France a été « un choc » pour la France officielle. Le Front National (FN), le parti d’extrême droite, a réalisé une poussée spectaculaire : Les Régionales l’ont placé en tête dans six des treize régions françaises, 16 mois avant la présidentielle de 2017. Pourtant, après ces résultats record, l'extrême droite française n'a finalement remporté aucune région au second tour du scrutin qui a eu lieu une semaine plus tard. Sept régions en France métropolitaine allaient aux Républicains, tandis que le Parti Socialiste a réussi à se maintenir dans cinq.

 2.      Analyse grammaticale

Question :

Est-ce qu’on dit/écrit « Paul est Français ou Paul est français » ?

Réponse :
La règle est simple : Quand le mot en question est utilisé en fonction d’un adjectif, il prend une minuscule.

Ex. un professeur espagnole, une philosophe américaine.

Dès que ’il s’agit d’un adjectif qui est employé comme nom pour désigner une personne, on met une majuscule.

Ex. : un Français, une Suissesse, un Japonais.


3.      Exercices

a.      Vocabulaire : Traduis en allemand !

                                                    i.     un imbroglio

                                                  ii.     abracadabrant

                                                 iii.     être à la traîne

                                                 iv.     avouable

 

b.      Contenu : Répondez aux questions suivantes !

                                                    i.     En combien de régions la France existera-t-elle à partir du 1er janvier 2016 ?

                                                  ii.     Comment le Premier ministre actuel de la France s’appelle-t-il?

                                                 iii.     Quand les prochaines présidentielles en France auront-elles lieu ?

                                                 iv.     Quelle est la capitale de la Corse ?


4.      Réponses

a.      Vocabulaire


  
i.     ein Wirrwarr

                                                  ii.     verrückt, haarsträubend

                                                 iii.     hinterherhinken

                                                 iv.     redlich, loyal

b.      Contenu :

                                               i.          13 régions de France métropolitaine (y compris la Corse) et 5 départements et régions d’outre-mer 

                                                  ii.          Manuel Valls

                                                 iii.          Probablement entre le 23 avril et le 7 mai 2017

                                                 iv.          Ajaccio

 

samedi 12 décembre 2015




1.     Introduction
Entre les murs est une adaption du roman éponyme de François Bégaudeau. Celui-ci ne s’est pas seulement occupé du développement du scénario, mais joue également le rôle principal du film. Réalisé par Laurent Cantet, Entre les murs a reçu la Palme d'or lors du Festival de Cannes 2008. Ainsi, il est devenu le deuxième film de production strictement française depuis 1987, qui ait été doté de ce prix d’honneur. 

L’intrigue en est vite racontée : François est un jeune professeur de français d’une classe de 4ème dans un collège qui se trouve dans le 20e arrondissement de Paris réputé difficile. Les élèves migrants, vivant souvent dans des circonstances de vie compliquées, n’hésitent pas à affronter leur professeur et à tester ses limites. Celui-ci, en revanche, n’évite pas cette confrontation et pousse les adolescents jusqu’à leurs limites afin de les motiver et de leur montrer qu’il les prend au sérieux.


2.     Pourquoi les deux séquences sont-elles importantes ?
L’enjeu des deux séquences choisies est le rôle de la langue dans les relations entre professeur et élèves, i.e. la question du pouvoir dans l’espace de la classe ou même au sein de l’institution scolaire. En opposant les deux séquences l’une à l’autre, on peut y repérer deux mises en scène différentes de la hiérarchie des relations des locuteurs ainsi que de leur maîtrise de la langue.
Dans la première scène, le spectateur assiste à une situation typique et aussi exemplaire de ce qu' on peut trouver dans d’autres villes européennes comptant un grand pourcentage d’élèves migrants. Un cours de français où l'on traite un sujet de grammaire qui se déroule comme d’habitude et où les rôles sont bien répartis : le professeur, maître de langue, gère le scénario, les élèves suivent plus au moins motivés les explications du professeur. Ils ne remettent pas en cause son rôle de maître ni ses connaissances de langue. Ce qui les occupe – étant très conscients des codes langagiers à respecter en classe – c’est le registre courant, à l'écrit ou à l'orale. Un jeu s’engage sur la question de l’utilité du subjonctif imparfait, i.e. sur la différence entre la langue de la rue, voire le verlan, et le français standard. Ces épisodes de négociations autour de la langue renvoient donc à la question de la norme et de la hiérarchie entre les différentes formes du français. Mais tandis qu'on bataille sur la norme grammaticale, on ne met jamais en question la hiérarchie professeur-élève. 
Par contre, dans la deuxième séquence, cette évidence commence à basculer. On se retrouve dans une réunion de crise lors de laquelle la mauvaise conduite d’un élève, ainsi que les conséquences de celle-ci, sont discutées. Le directeur et son adjoint, ainsi que tous les professeurs concernés sont rassemblés à cette table ronde. L’élève en question y est présent accompagné de sa mère. Il se révèle que celle-ci ne maîtrise pas le français. Cette découverte faite en situation chamboule le rapport entre le personnel pédagogique d’une part et l’élève d’autre part : Bien qu’il fasse « l'objet » de cette réunion – et cause dont on va juger – le nouveau contexte le fait glisser dans le rôle indispensable de traducteur. La maîtrise de sa langue maternelle le qualifie pour servir d’intermédiaire entre deux milieux sociaux auxquels il appartient, mais dont il est le seul être capable de sauter de l’un à l’autre. L’hégémonie du pouvoir bascule ; les enseignants y compris directeur, dépendent dès lors de l’élève sans lequel l'échange ne peut qu’échouer. Or, malgré les regards étonnés et l’attente impatiente des professeurs et du directeur, l’élève ne tire pas avantage de sa situation ni ne la reconnaît vraiment. Au contraire, il obéit aux règles qui lui sont imposées par les structures scolaires et traduit – la tête baissée, mais sans tiquer – tous ces propos délicats qui sont échangés entre sa mère et le directeur. En tout, on devient témoin d’une scène impressionnante qui démontre finalement la suprématie des structurelles institutionnelles, mais qui remet également en cause le rapport entre le pouvoir et la langue. Par ailleurs, cet effet est accentué par le déséquilibre du nombre des personnes présentes : D’un côté le directeur avec tout son entourage et de l’autre, un seul mineur avec sa mère. Ainsi, cette scène ouvre une nouvelle perspective sur l’enjeu de la langue dans des contextes multilingues dans les pays de migration et suggère une redistribution du rapport entre langue et pouvoir. 

jeudi 10 décembre 2015

Le Grand Cahier, Chapitres 1-3



Le Grand Cahier d’Agota Kristof

1.    Résumé
a)      Chapitre 1:  L’arrivée chez Grand-Mère
L'histoire troublante des deux jumeaux, Claus et Lucas, commence à leur arrivée  à la campagne. On comprend qu’on se trouve dans une situation de guerre, car la Grande Ville – lieu anonyme - est bombardée jour et nuit. Le père des jumeaux est parti pour le front, et leur mère, désespérée et sans nouvelles de son mari, décide alors de placer Claus et Lucas chez leur grand-mère. La relation entre la belle-fille et la belle-mère est affectée par des problèmes majeurs dont l’origine est obscure. Les deux ne se parlent guère. Dans cette scène déjà, il est évident que le destin des deux enfants ne sera pas le meilleur. La grand-mère annonce en effet que «la nourriture n’est pas gratuite» (p. 11) et qu’elle les fera travailler

b)      Chapitre 2: La maison de Grand-Mère
Dans le chapitre suivant, on trouve une description précise de la maison de Grand-Mère. Celle-ci est entourée d’un jardin et consiste en une cave, un galetas, une grande cuisine, ainsi qu’en deux chambres toujours fermées à clés où dorment Grand-Mère et un officier étranger. On comprend que Grand-Mère vit au jour le jour en cultivant des légumes dans son jardin et en élevant des animaux de la ferme. Les deux jumeaux sont tenus bride serrée, car ils doivent dormir sur le banc dans la cuisine et cacher leurs effets personnels. 

c)      Chapitre 3: Grand-Mère
Le troisième chapitre présente au lecteur  la protagoniste principale de cette histoire: Grand-Mère. Elle y est décrite comme une femme pauvre et sale, méchante et taciturne, qui mène la vie dure aux deux jumeaux. On apprend qu’elle parle une langue différente non seulement de celle des jumeaux , mais aussi de celle des militaires étrangers. Elle se tient à l’écart du village, et les
les habitants l’appelle la Sorcière.

2.    Explications/interprétations/recherches
a)      Le contexte de l’histoire
Bien que ce roman puisse se dérouler dans une quelconque situation extrême de guerre, quelques indices révèlent que l’histoire se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, dans une localité frontière. Tenant compte du fait que l’auteure est d’origine hongroise et des différentes langues mentionnées au fil de l’histoire, on devine qu’il s’agit d’un village hongrois.

b)      L’écriture minimaliste et l’absence de noms propres
Dans ces trois chapitres déjà, on relève une tonalité très caractéristique de ce roman. Elle traduit une réelle simplicité de la langue qui se remarque à la fois dans le vocabulaire et dans la syntaxe. Je m'étonne qu’il n’y ait pas de noms propres, mais des noms plus abstraits qui sont attribués aux protagonistes et à tous les autres personnages: Grand-Mère, Mère, l’officier, plus tard la voisine, le déserteur, le facteur, etc. De la sorte, on a affaire à une écriture minimaliste, à un texte glacé qui tend à écarter tout ce qui pourrait être la marque d’une subjectivité. L’explication suit dans le chapitre 12, où les jumeaux, dont on a compris entretemps qu'ils sont les auteurs du Grand Cahier, élucident leur façon insolite de rapporter ce qu’ils vivent:

Les mots qui définissent les sentiments sont très vagues; il vaut mieux éviter leur emploi et s’en tenir à la description des objets, des êtres humains et de soi-même, c’est-à-dire à la description fidèle des faits. (Chapitre 12: Nos études, p. 33)


Tout terme susceptible de sens multiples est proscrit, en particulier les mots exprimant des sentiments. Les deux enfants s’astreignent ainsi à rédiger avec la plus grande objectivité possible leurs découvertes et leurs apprentissages. Au fil de l’histoire, on comprend qu’ils rejettent tous les jugements moraux et tous les sentiments, afin de se protéger et de survivre dans cet environnement de guerre dépourvu de toute humanité. En adoptant une redoutable épuration de la langue, Agota Kristof parvient à exposer le lecteur à un tableau de la guerre des plus horribles.





mercredi 9 décembre 2015

Interview (sans commentaires)

             Interview

Justification

Jimmy est mon partenaire de langue (allemand-français) depuis un an environ. Il est né et il a grandi à Paris, mais ses parents sont originaires de la Guadeloupe. Il vit actuellement en France où il a également fait ses études. Il entretient des liens avec la partie de sa famille qui est restée en Guadeloupe et lui rend visite au moins une fois par an.
Lors de nos nombreux entretiens, j’ai eu l’occasion de jeter un coup d’œil sur les photos qu’il a ramenées de vacances et aussi de connaître un peu mieux les liens historiques et culturels qui existent entre la France et la Guadeloupe. Etant enseignante au niveau primaire, secondaire et supérieur, je me suis spécialement intéressée au système scolaire en Guadeloupe, qui représente ainsi le nœud de cet interview.


Transcription

Salut Jimmy. Merci de faire cette interview. Pour commencer : Est-ce que tu pourrais t’introduire un tout petit peu?
Salut Rachel. Je m’appelle Jimmy. Je suis Français, originaire de Guadeloupe et je travaille en Suisse.

La Guadeloupe est ce qu’on appelle un département d’outre-mer. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu plus la vie en Guadeloupe?

Comme tu as dit, c’est un département français, donc dans les infrastructures et dans le fonctionnement de l’administration, on est dans un fonctionnement identique à ce qui se passe en métropole, c.-à-d. en France côté européen. Par contre, évidemment, étant proche des tropiques, il y a un rythme de vie différent, c.-à-d. que, par exemple, en prenant les saisons, il n’y a pas de saisons là-bas. Il y a une saison pluvieuse, une saison, on va dire, très ensoleillée et puis, après, bon, on va dire, tous les jours, on ne mange évidemment pas les mêmes fruits, les mêmes animaux et, dans certaines îles, on parle un certain dialect dans la vie quotidienne. Ainsi les principales différences.

Il s’appelle comment, ce dialecte?

C’est le créole. Par exemple, si on prend les Antilles françaises, il y plusieurs îles et plusieurs départements d’outre-mer. Par exemple, il y a la Martinique, il y la Guadeloupe et puis il y a ce qu’on appelle les territoires d’outre-mer qui n’ont pas de statut de département mais qui sont français comme St. Marin, St.Barthélémy. Donc, si je compare par exemple le créole de la Guadeloupe et le créole de la Martinique, il y a des similitudes, c’est assez proche. On se comprend. Par contre, il y des expressions, des mots qui diffèrent.

Qu’est-ce qu’on peut dire sur le système scolaire ? T’as déjà dit que c’est plus ou moins identique à celui de la France, mais peut-être tu pourrais m’expliquer un peu plus en détail ?

Au niveau des livres, on reste sur le programme scolaire tel qu’il a été défini en Métropole. Par contre, pour certaines matières, par exemple pour le sport, on privilégie plus l’environnement local, donc par exemple la proximité avec l’eau ou la proximité par exemple avec les sport d’extérieure plutôt que d’intérieure, pour le sport. Pour tout ce qui est scientifique, ici on a tendance de s'attacher plus à l’environnement local, c.-à-d. à certaines plantes ou à certaines pierres géologiques, par exemple, il y a beaucoup d’études autour des volcans, des choses comme ça, parce que c’est l’environnement local. Donc certaines matières ont été adaptées à l’environnement local.

Et les examens ?

Les examens sont les mêmes. On a le brevet de collège, on a le baccalauréat et même maintenant, il  y a des universités. Au lieu de partir en Métropole faire ses études ailleurs, on peut rester les premières années en Guadeloupe pour faire l’université. Donc, par exemple, il y a les études de médecine pour les deux premières années. Pour faire une licence de droit, par exemple, on a les premières années qui sont en Guadeloupe, la troisième année sera en métropole. Donc, on suit un peu la même logique.
Pour les écoliers, il y a une différence. C’est que, étant donné que les infrastructures de transport ne sont pas identiques à la Métropole, il y a quandmême…  l’internat est beaucoup plus développé en Guadeloupe, c.-à—d. que les enfants au collège et au lycée sont internes, ils restent toute la semaine, et puis ils rentrent chez leurs parents le week-end.

Merci beaucoup !


Recherches et explications

La Guadeloupe: Statut, histoire et système éducatif
La Guadeloupe, située dans les Caraïbes et bordée par la mer des Caraïbes et l'océan Atlantique, compte environ 400 000 habitants (chiffre de 2012) et constitue un département d'outre-mer (DOM). Un DOM désigne un «type de collectivité territoriale intégrée à la République française au même titre que les départements ou régions de la France métropolitaine» et s'applique non seulement à la Guadeloupe, mais aussi à la Guyane française, à la Martinique, à Mayotte et à La Réunion.
L’histoire de La Guadeloupe est très boulversante et ne manque pas de mémoires d’occupations étrangères. Avant d'avoir été découverte par Christophe Colomb en 1493, l'île est peuplée par les indiens Caraïbes, peuple guerrier originaire de l’Amérique de Sud. A la suite, il y a une première période d’occupation lors de laquelle les habitants ont été vite décimés par les colons espagnols, les épidémies ou l'alcool. A partir du 17e siècle jusqu’à la fin du 18e siècle, les habitants souffrirons de nouvelles forces d’occupation, telles que la Compagnie des Indes occidentale, la couronne française et les Anglais. Enfin, une guerre civile, inspirée par des Révolutionnaires continentaux, a lieu dans les îles, et qui aboutira finalement à l'abolition de l’esclavage par des décrets nationaux en 1848. Des milliers de Guadeloupéens noirs deviennent citoyens français et quittent, pour une bonne partie, les durs travaux des champs. La production de sucre baisse et l'immigration de travailleurs libres Hindous est organisée afin d’atténuer la crise économique.  Ce n’est qu’en 1946 que l'île devient un département français. 

Quant au système éducatif en Guadeloupe il est important de souligner que le niveau de scolarisation dans le secondaire, mais surtout dans le supérieur est faible. Bien que la voie scolaire constitue le mode de formation dominant et que l’apprentissage se soit très peu développé, les possibilités de continuer une formation scolaire après le niveau primaire sont très limitées. La plupart des jeunes guadeloupéens quitte sa région pour continuer ses études supérieurs en Métropole. Heureusement, on peut constater un léger progrès au niveau des universités, qui se sont beaucoup attachées à améliorer et élargir les filières d’étude ainsi que l’offre de cours.

jeudi 19 novembre 2015

PERFORMER (Version révisée 03.12.2015, Pastiche ajouté 11.12.2015)
Molière, Le Bourgeois gentilhomme (1670), Acte II Scène IV
19.11.15, Rachel S., Anja S.


Performance de la version originale (texte joint plus bas)





Performance du Pastiche (texte joint plus bas)







Pourquoi ces dialogues sont-ils importants ?
Cet extrait est tiré de la fameuse comédie-ballet Le Bourgeois gentilhomme de Molière qui l’a créé à la demande du roi Louis XIV et en collaboration étroite avec Jean-Baptiste Lully qui était compositeur royal.
Enjeu narratif (intrigue): M. Jourdain, personnage principal, est un bourgeois qui aimerait devenir gentilhomme et essaie d’acquérir les manières des nobles. Il décide de commander un nouvel habit qui soit plus conforme à sa nouvelle condition de gentilhomme et il se lance dans l'apprentissage des armes, de la danse, de la musique et de la philosophie. Autour de cette mise en scène de la transformation en gentilhomme se déroule une deuxième histoire qui porte sur le mariage de Lucile, la fille de M. Jourdain. Celle-ci est amoureuse de Cléonte à qui, n’étant pas gentilhomme, est refusé le droit de se marier avec Lucile. Cléonte décide alors de se faire passer pour le fils du Grand Turc, membre de la haute noblesse et de faire une farce à M. Jourdain. C’est là, en fait, où le personnage d’un « Turc » est introduit dans la pièce. Du coup, on assiste à une cérémonie turque burlesque lors de laquelle Cléonte obtient le consentement de M. Jourdain.
Enjeu symbolique (le rôle de la philosophie): Les caractéristiques d’un gentilhomme ne sont pas seulement de nature extérieure, mais aussi intérieure. C’était ce qu’on peut appeler le type d’homme idéal de cet époque, promu surtout à la cour du roi. Selon cet idéal, le gentilhomme doit exercer son corps aussi bien que son esprit et il est censé d’avoir un savoir total. Donc, au fil de l’histoire, M. Jourdain fait venir des différents maîtres pour l’instruire dans des domaines variés. Dans cette scène nous rencontrons le spécialiste de la philosophie qui doit lui apprendre la beauté de la pensée. Le thème de l’apprentissage de la philosophie touche à de cet idéal de civilisation et d’élégance qu’il faut acquérir pour paraître en société, surtout à la cour du roi, qui est non seulement un lieu de richesse et de pouvoir mais aussi de culture.
Apparemment, Molière a écrit une comédie et tout ce passage paraît comique, bien qu’ici, l’homme idéal soit dressé devant nos yeux. La question se pose: Qu’est-ce qui nous fait donc rire? Voilà une réponse possible : Evidemment, il a y un décalage entre les ambitions du cher M. Jourdain et ses connaissances réelles de ce qu'il aimerait être. Il ne connaît ni la philosophie, ni les sciences, ni la poésie. Au fond, tout le monde comprend très bien que la mise en scène de M. Jourdain, à savoir sa tentative de se transformer en gentilhomme, ne peut être qu’un jeu ou encore un déguisement. La raison est qu'au XVIIe siècle, on ne peut pas être à la fois « bourgeois » et « gentilhomme » : on est l’un ou l’autre par la naissance et, normalement, on ne peut pas passer d’un ordre social à l’autre. Et le titre Le Bourgeois Gentilhomme est une oxymore, donc une réunion de deux mots aux sens contradictoires dans une même expression. Le « bourgeois gentilhomme » est ainsi une catégorie sociale qui n’existe pas et qui ridiculise dès le début le personnage principal, M. Jourdain. Tenant compte du contexte historique de cette comédie-ballet, on pourrait dire que Molière – et n’oublions pas qu’il est engagé par Louis XIV – démontre l’intérêt fondamental du roi à bien distinguer entre ceux qui appartiennent à la noblesse et ceux qui appartiennent à la bourgeoisie.

Sur l’auteur:

Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), connu sous son pseudonyme Molière, était acteur, directeur d’un groupe d’artistes et auteur de nombreuses pièces de théâtre. Opposé à ses contemporaines Corneille et Racine dont on se rappelle plutôt des tragédies, Molière est un auteur encore très joué surtout pour ses comédies. Influencées de la Commedia dell’arte italienne, les comédies de Molière mettent souvent en scène une qualité ou un vice humain, mais d’une manière originale et exagérée. Molière se montrait également critique envers les valeurs sociales et morales de son époque, notamment envers les règles du théâtre classique. Cependant, de Louis XIV jusqu’aux spectateurs de notre temps, Molière connaissait et connaît beaucoup d'admirateurs.



TEXTES

jeudi 29 octobre 2015

Traduction No. 13 : Le paysan honnête



1.    La traduction
En 1736, un soir d’été, un marchand français quittait une ville où il avait fait des commerces. A cette époque, il y avait peu de bonnes routes et le marchand faisait son voyage à cheval comme la plupart des gens.
Il faisait chaud et un orage s’approchait de l’ouest ; le marchand espérait pourtant atteindre (2) une autre petite ville avant la tombée de la nuit. Mais soudain, il commença à pleuvoir et le voyageur n’arriva pas à trouver le bon chemin. Et comme le cheval était épuisé par le long voyage qui lui était impossible de le continuer.
Heureusement, il rencontra un pauvre paysan (1) et son fils qui étaient en train de rentrer. Ceux-ci eurent pitié de lui et l’invitèrent à entrer dans leur foyer, qui était fort simple. Ils ajoutèrent poliment qu’il pourrait s’y reposer un peu (2) . Le marchand fut nourri le mieux possible et le cheval fut également sauvé bien qu’il boitât (3) fortement.
Après avoir dormi plusieurs heures, le marchand se sentit reposé. Mais à peine ouvert les yeux qu’il s’aperçut que lui manquait son portefeuille en cuir – il avait contenu cent pièces. Il soupçonna immédiatement le paysan de lui avoir volé le trésor pendant qu’il dormait. Mais il ne lui en dit rien jusqu’au lendemain.
Avant son départ, il dit au paysan : « Je suis désolé de ne pas pouvoir vous récompenser comme je le désirerais. Mais il semble que vous m’ayez privé des moyens de me montrer reconnaissant. Je n’ai plus un sou et je dois vendre mon cheval malade pour continuer mon voyage.» Ainsi, le pauvre paysan se rendit compte que son vol avait été découvert et il dut rendre l’argent à son hôte.

2.    Explications de grammaire
a)      La place des adjectifs «honnête» et «pauvre» (1)
L’adjectif est normalement placé derrière le nom qu’il complète sauf dans le cas des adjectifs courts qui sont généralement placés devant le nom (comme par exemple beau, bon, grand, gros, faux, haut, jeune, joli, mauvais, meilleur, nouveau etc.). Attention: Certains adjectifs peuvent être placés avant ou après le nom, mais leur sens change en fonction de leur position. Voilà quelques adjectifs utilisés dans cette traduction:
pauvre
§  le pauvre homme
= un homme qui est à plaindre
§  un homme pauvre
= un homme qui n’est pas riche
honnête
§  l’honnête homme
= un homme qui a des moeurs
§  l’ homme honnête
= un homme poli qui reçoit bien ceux qui le visitent
simple
§  une simple maison
= une maison seule, unique
§  une maison simple
= une maison qui a de la simplicité





b)       La concordance des temps (2)
 La concordance des temps s’applique aux phrases subordonnées soit à l’indicatif soit au subjonctif. Ici, le verbe de la phrase principale («ajouter») est un verbe qui exige l’indicatif. En plus, l’action du verbe de la subordonnée aura lieu dans le futur par rapport à l’action du verbe de la phrase principale. La concordance s’effectue donc selon la règle suivante:

Phrase principale
 Rapport temporel
 Phrase subordonnée
 Temps passé (p.c., plus-que-parfait, imp., passé simple)
 Posteriorité
 Conditionnel présent




c)      L’usage du subjonctif après «bien que» (3)
La phrase choisie dans le texte est une concessive qui se met au subjonctif avec la locution conjonctive «bien que».

3.    L‘intrigue
Ce petit conte, mis au début du XVIIIe siècle, porte sur l’honnêteté de l’homme. Un marchand français, surpris par un orage, ne peut pas poursuivre son voyage. Il est abrité par un paysan croisant son chemin. Pourtant, la générosité de ce dernier n’est que prétendue, car il vole cent pièces à son hôte pendant la nuit. A la suite de son séjour, le marchand accuse le paysan  et démasque ainsi la situation. En résumé, cette histoire est en contradiction avec le titre qui insinue l’honnêteté du paysan pauvre tandis que celui-ci se révèle au contraire comme malhonnête et un pauvre paysan.