dimanche 29 novembre 2015

5 - PERFORMER, REBEKKA BÜTLER+ANITA WEISS, 09.12.15

PERFORMER - VERSION REVISEE

Molière-Le malade imaginaire, Acte 2, Scène 8


Résumé
Argan parle avec sa fille cadette, Louison. Il l'a engagée pour qu'elle espionne sa soeur aînée, Angélique. Maintenant Argan veut savoir ce qu'elle a appris. Au début elle cache à Argan quelle sait quelquechose; mais en la fouettant elle commence à raconter. Elle a vu sa soeur parler à un homme.

L'auteur
Jean-Baptiste Poquelin alias Molière est née le 15 janvier 1622 à Saint-Eustache et mort le 17 février 1673. Il est consideré comme un des plus grands écrivains français. Il a inventé la comédie-ballet et écrit des pièces de genre variées. Il était chef du groupe de théâtre français à la cour du Louis XIV.

Pourquoi ces dialogues sont-ils importants?


Fonction narrative
La seule fois où Louison est sur scène, elle va donner une image différente d’Angélique. Si d’abord Angélique paraissait plutôt timide et obéissante, la description de Louison change cette image. Qu’elle ait des secrets face à son père va la faire paraître plus sournoise qu’avant. En plus, la scène souligne le caractère ridicule d’Argan. Sa fille lui ment jusqu’à ce qu’il la menace de la fouetter. Ce n'est alors que sa supériorité corporelle qui va la mener à son but, qui est de faire parler Louison de la romance d’Angélique.

Molière dans son temps
Avec le jeu qu’il fait jouer à ses personnages, de contrefaire la mort, Molière se moque un peu du  « comique de mort », qui est un sujet bien aimé dans les comédies. Ce jeu, qui est très bien maîtrisé par Louison, va être répété par Argan dans le troisième acte. Louison s'en sert pour qu’Argan arrête de la fouetter. Le fait qu’Argan fouette sa fille montre que ce genre de châtiment corporel a dû être courant au temps de Molière.

Pastiche

LOUISON : Qu’est-ce qu’il y a, Papa? La vieille m’a dit que tu me demande.

ARGAN : Oui, viens ici. Mais tout de suite. Tourne toi. Regarde moi dans les yeux.
LOUISON : Mais où est le problème ?
ARGAN : Là.
LOUISON : Quoi ?
ARGAN : N’a tu rien à me dire ?
LOUISON : Bon, si tu veux je peux te raconter ce qu’ils ont dit à la Télé. Ils ont parlé des attentats à Paris du 13 novembre.
ARGAN : Ce n’est pas là, ce que je demande.
LOUISON : Quoi donc ?
ARGAN : Ah, ne m’énerve pas ! Tu sais bien ce que je veux dire.
LOUISON : Non, je ne sais pas.
ARGAN : Alors, réfléchis un peu !
LOUISON : Je ne vois pas où tu veux aller.
ARGAN : N’ai-je pas dit que je veux savoir tout de cette relation de ta sœur ?
LOUISON : Ah, ça, oui, tu m’a dis.
ARGAN : Alors, raconte-moi.
LOUISON : Il n’y a rien à raconter.
ARGAN : N’est il rien passé aujourd’hui ?
LOUISON : Ben, non.
ARGAN : Mais elle a eu un rendez-vous avec ce mec à la ville, n’est-ce pas ?
LOUISON : Ah oui. Mais elle ne m’a pas raconté comment ça c’est passé.
ARGAN : Tu es sûr ?
LOUISON : Je suis sûr.
ARGAN : Tu sais que tu va rester sans portable pendant une semaine si tu me ments.
LOUISON : Non, s’il te plaît, tu ne peut pas faire ça. C’est cruel !
ARGAN : Alors, dis moi, ce qu’elle t’a dit.
LOUISON : Je ne peux pas, j’ai promis.
ARGAN : Dis-moi !
LOUISON : Non, elle ne m’a rien dit.
ARGAN : Je vois que tu me ments.
LOUISON : Ah, merde. Il n’est pas venu au rendez-vous.
ARGAN : Ne me ments pas, je t’ai dit.
LOUISON : Bon, d’accord, ils se sont rencontrés.
ARGAN : Et alors ?
LOUISON : Et alors, quoi alors ? Il est sympa.
ARGAN : Elle a fait connaissance avec ce mec sur tinder, je n’ai pas confiance en ces dating applis. Il n’y a que des pervers à rencontrer!
LOUISON : Non, mais celui-là n’est pas pervers. C’est vrai qu’il est un peu plus agé qu’Angélique mais il n’est pas du tout pervers.
ARGAN : Quel âge a-t-il ?
LOUISON : Je ne sais pas.
ARGAN : Quel âge a-t-il ?
LOUISON : Il a 32 ans.
ARGAN : Quoi ? Tu te moques de moi ! Il a deux fois l’âge de ma fille.
LOUISON : Oui, mais elle est très mûre pour son âge, tu le dis toi-même.
ARGAN : Oui, mais ça c’est vraiment une liaison dangereuse. Il faut arrêter le contact entre eux. Je vais aller la chercher.
LOUISON : Non, s’il te plaît. Je lui ai promis que je ne te dirais pas.
ARGAN : Je m’en fous. Il s’agit de sauver ma fille d’un pervers.
LOUISON : Arrête, s’il te plaît. Ah, (perds connaissance).
ARGAN : Ah, ma fillette. Qu’est-ce qui s’est passé ? Ah, cette merde de portable. Ces nouvelles inventions n’ont rien de positives. Ringring. Ah, il y a un message d’Angélique :
Salut Louison, ça va ? je t’ai déjà parlé de Cléante. Regarde, il est trop beau. Je t’envoye un screenshot de son profil sur tinder. Alors, on va regarder. Cléante, Cléante de Richelieu, 32 ans, habite aux alentours de Versailles, médecin, aime la pêche et le théâtre.
LOUISON : (se reveille)  Mais papa qu’est ce que tu fais là ?! Pourquoi tu prends mon portable sans me demander ?
ARGAN : Ma petite, tu étais inconsciente à cause de ce portable. C’est dangereux pour toi. Je le garde pour que tu puisse te reposer. Mais avant, va chez Angélique et dit lui que je suis d’accord avec son petit-amie, mais il faut qu’ils se marient bientôt.
LOUISON : Papa, t’es trop chou, je vais raconter ces bonnes nouvelles à Angélique. A toute.
ARGAN : Ah, tinder s’appelle cette appli. Je vais créer mon propre profil. Alors, nom : Argan, âge, mhh, j’écris 40 ans. Je suis beau, de forte corpulence et haute stature, plein d’humour. Encore une photo. Click.
 

OUIR-VOIR VERSION RÉVISÉE - ANITA WEISS

Le film en bref

Titre: Le passé
Réalisateur: Asghar Farhadi
Scénariste: Asghar Farhadi
Pays d'origine: France
Année de sortie: 2013 (Festival de Cannes)
Introduction: Il y a 4 ans auparavant Ahmad est parti pour Téhéran. Pour régler les formalités du divorce, sa femme française, Marie, lui a demandé de venir à Paris. En arrivant, il remarque que Marie a un nouveau compagnon, Samir, qui habite chez eux avec son fils, Fouad. Pendant son bref séjour, il découvre que sa fille, Lucie, a une relation conflictuelle avec Marie.

Critiques:
D'après moi le film est spéciale. Ce qui me frappe le plus est qu'il n'a pas de la musique dans l'arrière-plan. Il n'y a que les bruits des gens qui parlent, d'une voiture qui passe ou une porte qui claque. En plus on retrouve beaucoup des scènes sans parler, les regards sont tellement intense qu'on peut comprendre le message sans la parole d'une personnage.

"Pour sa première participation au festival de Cannes, Farhadi soigne son entrée avec un modèle de ce que devrait être un film français réussi. (...) Remarquablement dynamisée par ses comédiens, cette tragicomédie se déploie avec la vivacité d’une plante grimpante et carnivore." Paris Match

"(...) Le film impressionne, remue, brille jusqu'à son plan final, d'une beauté, d'une délicatesse et d'une intensité inouïes." TF1 News

"Asghar Farhadi ne porte aucun jugement sur les personnages. Comme dans "Une séparation",  chacun a ses raisons, chacun souffre et adopte tour à tour un comportement maladroit ou blessant. Mais tous les rôles sont fouillés et tous sont traités avec un louable souci d’équité." 20 Minutes

"Le résultat est très réussi. (...) Aucune émotion n'est édulcorée, aucun plan n'est en trop et l'acteur iranien Ali Mosaffa, qui joue l'ex-mari de Bérénice Bejo, est prodigieux." Elle



c) deux séquences
d)
Scène 1
Lucie avoue avoir envoyé les courriers électroniques à la femme de Samir qui, étant dépressive, a essayé de se suicider peu après avoir réçu ses e-mails. Ce fait accélère le déroulement du film.
Scène 2
Marie parle avec Samir après avoir raconté que sa fille a envoyé les e-mails à sa femme. C'est la dernière fois qu'on les voit parler ensembles.

e) Explications
Lucie s'inquiète du fait que Céline, la femme de Samir, a fait une tentative de suicide à cause d'elle. C'est pourquoi elle s'est rétirée. Le fait que Lucie a envoyé les e-mails initialisent des discussions entre Marie et Lucie, entre Samir et Marie, mais aussi entre Ahmad et Marie.
Le conflit entre Marie et Lucie se dégénère rapidement étant donné que Marie comprend que sa fille a agi de cette manière parce qu'elle avait peur de pouvoir perdre sa maman si elle se marait avec Samir.
Jusqu'à la fin, Ahmad ne comprend pas pourquoi il a dû vivre avec la "nouvelle" famille de sa femme. C'est irritant qu'on a très peu des informations sur leur passé. Le conflit reste non résolu; Ahmad part.

Le thème de la dernière conversation entre Samir et Marie est l'avenir d'eux. C'est la première fois que Samir parle de l'avenir. D'après lui, il faut oublier ce qui s'est passé. Là-dessus, elle lui pose la question la plus importante du film "et si on peut pas?". Qu'est-ce qui se passe quand nous ne pouvons pas oublier le passé?
Suite à cette scène, Samir va à l'hôpital rendre visite à sa femme. Il essaye encore une fois de voir si elle donne une signe de vie; et elle le fait. Ainsi, la fin reste ouverte comme la question de l'importance du passé.

Voir-Ecouter version revisée, Andrina Gamboni




4. Voir-Écouter, par Andrina 

a) Transcription, première partie
Voix off : À gauche Pauline, 28 ans, activiste de femen depuis un peu plus de deux ans, à droite Claire, 31 ans, porte-parole d’osez le féminisme. Premier sujet d’importance pour les deux militantes : la laïcité.

Pauline : Nous on est un peu des puristes de la laïcité, on considère que les trois religions monothéistes principales françaises prennent trop de place dans le débat public, veulent imposer leur morale, veulent se substituer à l’éducation, à la loi, donc on a envie de remettre la religion à sa place, c’est-à-dire un cercle privé. Donc, on a envie de défendre ce droit à critiquer la religion, ce droit au blasphème…
Claire : Sur la laïcité, c’est un combat qui est plus que jamais à réaffirmer, enfin nous on voit, par exemple l’avortement, donc on a lancé une grande pétition le 17 janvier pour que, enfin, sur le toutes les femmes européennes puissent avorter, ce qui est loin d’être le cas.
Pauline : Pour le progrès des droits des femmes la religion c’est un boulet au pied des femmes. C’est un boulet, qui tire les droits des femmes vers le bas.

Voix off : L’autre cheval de bataille pour les femen et osez les féminisme c’est la prostitution.

Claire : Ça reste la dernière des violences, en fait, qui n’est pas punie par la loi. Puisque à l’heure actuelle ce sont les prostituées qui le sont pour délit de racolage passif etc. Et donc, ça c’est vraiment nous priorité sur le terrain des violences, et aussi pour les femen, je pense, que, enfin, en 2015 on puisse dire que la France condamne un homme qui sollicite une femme pour un rapport sexuel moyennant finance.
Pauline : Oui, c’est ça, c’est reconnaître que la prostitution, c’est en fait un trafic d’être humain, purement et simplement.
Claire : C’est vrai qu’en Europe on a des législations ben, ça les femen vous êtes bien placées pour le savoir, qui sont extrêmement variables, avec des pays qui, très clairement, mettent en vente les femmes dans des jolies vitrines.
Pauline : C’est ça finalement le système…la non-cohésion du système européen favorise le tourisme sexuel à l’intérieur de l’Europe.

Voix off : Les deux féministes se reconnaissent les mêmes objectifs seuls diffèrent les moyens d’action : interventions coup de poing seinsnus de femen, travail de fond pour osez le féminisme

Pauline : Le travail pédagogique, le travail par l’humour aussi qu’utilise osez les féminisme vient en complémentarité de nos coups d’éclat un peu plus agressifs. Je pense que la palette féministe a besoin de tous ces outils-là, parce qu’ils touchent chacun à des sensibilités différentes pour porter le même message.
Claire : En 2015 on a encore besoin de se battre et je trouve que plus qu’il y a d’associations féministes, et ben plus que ça prouve le dynamisme, et chacune avec son identité peut faire bouger la ligne de fracture, en fait, dans l’égalité fémme-homme.

b) analyse grammaticale
Les deux femmes usent correctement les pronoms relatifs « qui » et « que » : On utilise « qui » quand il remplace le sujet du verbe dans la proposition relative. Par exemple : « Un homme qui sollicite une femmes. » On utilise « que » quand il remplace le complément d’objet direct du verbe dans la proposition relative. Par exemple : « On considère que les trois religions monothéistes principales françaises prennent trop de place dans le débat public. »
Attention, « qui » et « que » sont invariables.

Analyse linguistique:
Il paraît que le reportage est abrégé un peu, qu’on a découpé des phrases et qu’on a lié des énoncés. Pour cette raison, le reportage peut sembler artificiel, puisqu’il n’y a presque pas de chevauchements et que les femmes se prononcent seulement à ce qui concerne le sujet proposé en ne le quittant pas. On a constaté dans la première analyse que les femmes parlent en revanche assez spontanément et cela rend ce reportage plus naturel.


c) exercice audiovisuel (avec de réponses)

1. Quels sont les thèmes importants communs des deux femmes ?
Les sujets importants sont la laïcité et la prostitution.

2. Pourquoi est-ce que la religion tient-elle en bas les droits de femmes ?
Parce que les trois religions monothéistes principales françaises prennent trop de place dans le débat public, elles sont omniprésentes en lieu d’être placées au cercle privé. Elles imposent leur morale et se substituent à l’éducation et à la loi. Par conséquent, l’avortement par exemple n’est pas possible pour toutes les femmes européennes.

3. Pourquoi la prostitution, le dernier crime qui n’est pas puni par la loi, fait-elle des soucis aux deux femmes ?
Parce que la prostitution est légale dans certains pays, bien qu’elle soit une violence et un trafic d’être humain.

4. Quel changement voudrait-il effacer le problème de la prostitution selon Claire ?
La loi devrait interdire la prostitution et punir les hommes qui sollicitent une femme pour un rapport sexuel. En plus, le système européenne devrait se changer et ne favoriser plus le tourisme sexuel.

samedi 28 novembre 2015

Voir - Écouter, Version révisée

a)
Nom de la vidéo : L’invité de la rédaction - Alain Berset
Émission : RTS - Radiotélévision Suisse
Thème: Alain Berset, conseiller fédéral socialiste, chef du DFI, s'exprime sur le
diagnostic préimplantatoire soumis en votation le 14 juin 2015.
IN : Intervieweur
AB: Alain Berset
b) Transcription
IN:
Sur la première 7:30h journal du matin on s’intéresse sur DPI ou diagnostic
préimplantatoire. La loi d’application est déjà prête, mais pour la rendre effective, cette
loi, et bien, il faut supprimer dans la constitution ce fameux article qui empêche la
technique d’être appliquée. C’est sur cette suppression, précisément, que le peuple est
appelé à se prononcer le 14 juin prochain, donc on vote, en indirectement sur le DPI, on
l’a compris le débat est vif, progrès pour la médecine d’un côté, porte ouverte à
l’eugénisme d’un autre. Mardi dernier sur cette automne nous recevions un opposant au
DPI, les conseil en national PDC au valais Yannick Buttet. Ce matin nous recevons le
chef du département fédéral de la santé, Alain Berset. Bonjour Monsieur le Conseiller
fédéral.
AB:
Bonjour.
IN:
Merci d’être avec nous, jusqu’à huit heures pour parler du DPI, mais pas seulement.
C’est l’interdiction du DPI, pour l’instant: à l'exception de la Lettonie, tous les pays
européens l’autorisent. Pour vous cette interdiction en Suisse est dépassée, c’est ça?
AB:
Je crois qu’aujourd’hui il faut sortir de cette interdiction. Vous savez, si quelqu’un
souhaite aujourd’hui, prenons l’exemple d’un couple qui est porteur d’une lourde, de
maladie héréditaire qui pourrait être vraiment très grave, qui savent qu’ils prennent le
risque de transmettre cette maladie à leur enfant aujourd’hui un tel couple n’a d’autre
solution que d’aller à l’étranger pour faire un DPI, et voyez, nous souhaitons que ce soit
possible dans des règles strictes, bien sûr, mais que ce soit possible en Suisse. Raison
pour laquelle il faut sortir de cette interdiction pour donner la possibilité, à celles et ceux
qui en ont besoin, de pouvoir y avoir accès en Suisse.
IN:  
Alors, voilà, c’est le cadre qui nous intéresse et qui nous occupe, on entendait avant-hier
je disais, Yannick Buttet sur cette auteur, qui disait que sur le principe même il pourrait
éventuellement être d’accord, cela dit le principale quel fait à la loi sur le DPI, c’est de
pas suffisamment comporter de garde-fous d’encadrement. Qu’est-ce que vous rétorquez
à cet argument-là?
AB:
On peut discuter. Il y a une longue discussion au parlement sur le cadre qu’il faut poser.
C’est un débat amené avec beaucoup d’attention, parce qu’il est naturellement assez
sensible. Ce débat a eu lieu et je constate que le parlement s’est arrêté sur une version qui
était un peu plus ouverte que ce qu’avait souhaité le Conseil fédéral mais qui reste pour
l’essentiel nettement plus restrictive que ce qui est possible dans d’autres pays autour de
nous. Donc, à partir de là je crois que le parlement a certainement trouvé la voie médiane
un chemin dans le fond qui permet au DPI d’être réalisé en Suisse, pour celles et ceux qui
en ont besoin. C’est une possibilité, personne ne doit le faire, c’est une possibilité
nouvelle qui est offerte aux parents, mais dans un cadre quand même relativement strict.
IN:  
Vous êtes le conseil fédéral, vous permettrez le DPI, vous voulez que le DPI soit permis
uniquement pour des parents porteur d’une maladie héréditaire grave. Selon le
parlement, tous les embryons nés d’une insémination artificielle peuvent être examinés
sur le plan génétique, inclue les anomalies chromosomiques. Là, les opposants disent
qu’on abolit des barrières éthiques, que c’est la porte ouverte, à, que sais-je, l’eugénisme,
ce genre de choses. Ce sont des mots très forts. Que répondez-vous à ces mots-là?
AB:
Bon, ça fait, je crois, partie du débat public et du débat politique, vous savez, on peut
toujours tout reprocher à un projet de loi, surtout ce qui ne se trouve pas dedans. Surtout
ce qu’il ne contient pas et encore, ici, on ne vote même pas sur la loi, on vote sur une
question de principe:
Est-ce qu’on veut - oui ou non - sortir de l’interdiction aujourd’hui, qui prévaut dans ce
domaine, en Suisse? C’est vrai que nous sommes, absolument, isolés en Europe, alors on
vous dira « après tout, pourquoi pas? - on est isolé en Europe - on n’est pas obligé de
faire ce que font les autres ». Tout à fait d’accord avec cela également, mais, voyez-vous
c’est pratiqué autour de nous ça existe et, je veux dire, une bonne politique, ça peut pas
être de faire la politique de […] de faire comme si on voulait pas voir que ça existait. Dès
le moment où c’est là, je préférerais pour ma part, que ce soit praticable et pratiqué en
Suisse, avec des règles suisses, que nous avons décidées nous-mêmes démocratiquement,
plutôt que de dire « non, non, non, nous ne préférons rien voir, restons dans l’interdiction,
et peu importe et ce qui se passe au-delà de nos frontières, peu importe si les gens font de
50km ou 100km,
ils font un DPI à l’étranger avec d’autres règles qui ont été fixées les autres états ». Moi je
préfère, parce que je suis aussi attaché naturellement au fait que les choix qui concernent
la Suisse soient fait en Suisse, je préfère que nous puissions sortir cette interdiction.
IN:  
Vous l’avez dit, il y a certains qui critiquent ce qui n’est pas dans ce projet d’application
de la loi. Cela dit, peut-on être sûr, par exemple, que l’application du fameux
bébé-médicament ni soit pas, donc c’est l’utilisation du DPI pour sélectionner un
embryon avec un profil génétique qui permettrait au futur enfant de donner des tissus ou
des cellules à son frère ou à sa sœur malade, on entendait Dominique de Buman, PDC, il
y a quelques minutes sur cette auteur, qui disait: « Hm, moi je suis pas sûr, ça peut revenir
par la fenêtre, cette histoire du bébé médicament ». Est-ce qu’on va vraiment pouvoir
maintenir le cap sur cette question? On est sûr qu’on n’aura pas ça dedans?
AB:
Il y a un double garde-fou dans ce domaine-là, si on parle spécifiquement du
bébé-médicament qui est par ailleurs autorisé dans d’autres états. Nous ne souhaitons pas
que ce soit possible chez nous, c’est autorisé ailleurs. Il y a une double garantie qui fait
que ce ne sera pas possible en Suisse. La première garantie, c’est que le parlement l’a
clairement rejeté de la loi, pour laquelle on n’est pas en train à discuter maintenant, mais
ça sera clairement pas dans la loi. Mais, non seulement ce n’est pas dans la loi, mais la
modification de la constitution sur laquelle on vote le 14 juin ne le permettrait pas non
plus. Donc, il est impossible de faire cette évolution, sans devoir remodifier encore une
fois la constitution, puis remodifier une fois la loi. Donc, le garde-fou est très fort, il est
très marqué, donc ça veut dire: non, il n’y aura pas de bébé-médicament dans ce cadre-là.
IN:  
Que dire de ceux alors qui brandissent ce risque-là sans jeu de mots, ils peignent le diable
sur la muraille, comment comprendre cet argument-là, alors que vous dites, c’est très
clairement non, quoi, il n’y aura pas ça.
AB:
Oui, c’est non, parce que ce serait exclu avec la nouvelle révision constitutionnelle, et
c’est […]. Et c’est exclu dans la loi. Donc, c’est non. Après, bon, écoutez, chacun fait
campagne avec les arguments qu’il juge bon, mais c’est vrai quand on n’a pas vraiment
d’argument très fort sur le sujet en question, on parle un peu d’autres choses. C’est un peu
le cas, naturellement, dans cette campagne, ça peut faire partie dans d’un débat politique,
vous savez, moi, je suis, quand même pas tombé de la de la dernière pluie, je vois
comment ça fonctionne, mais c’est aussi mon rôle de dire: Ben non, ce n’est pas le sujet.
Cela n’est pas le sujet, on peut parler de tout ce qu’on veut, mais là, ça n’est pas le sujet.
IN:
C’est pas le sujet. Est-ce que c’est au débat vraiment politique, est-ce qu’il n’est pas
avant tout, euh, oui, religieux, éthique etc.? Le débat se situe pas mal sur ce terrain-là.
Est-ce que vous pouvez comprendre aussi les préoccupations religieuses de certains face à
ça? On ouvre cette boîte de Pandore-là?
AB:
Je crois pas que ce soit une boîte de Pandore, cela dit, je comprends très bien la très
grande sensibilité de ce débat, il y a des aspects dans ce débat qui sont des aspects de type
social et médical. […] naturellement en premier, c’est ce qu’a fait le Conseil fédéral, aux
parents qui sont porteurs d’une maladie héréditaire grave, pour prendre cet exemple, et
qui aujourd’hui n’ont pas d’autre choix, s’ils souhaitent avoir un enfant, que d’avoir un
enfant, je dirais, un peu à l’essai […], et puis ensuite d’avoir un diagnostic prénatal, mais
qui vient peut-être à 12 ou 14, oui 12 semaines de grossesse, et de voir si tout va bien, et
si tout ne va pas bien, à ce moment-là, ces parents sont alors confrontés à cette très
difficile question de savoir s’il faut passer par une interruption grossesse ou pas. Et donc,
nous souhaitons épargner cette peine à ces parents, cette difficulté, et permettre, parce que
la technique le permet, mais à des règles strictes, fixées en Suisse, d’intervenir beaucoup
plus tôt. Voilà un des éléments, un autre élément c’est naturellement les arguments de
nature éthique font beaucoup de sensibilité dans cette question-là. Il y a des éléments de
nature sociale, médicale, éthique, il y a naturellement aussi les convictions et les
questions religieuses qui interviennent, et à la fin, je dirais c’est une réflexion, on peut
pondérer les éléments d’une manière un peu différente, mais c’est une réflexion - un
résultat dans lequel il faut avoir, je crois, aussi une certaine modestie, parce qu’on touche
à des questions qui sont très profondes, d’ailleurs vous aurez remarqué que les lignes de
fracture sur cette politique, sur cette question, ce sont pas tellement les lignes de parties.


c) 2 analyses grammaticale / linguistique
On voit que c’est plutôt Alain Berset qui utilise le subjonctif.
1) subjonctif: Le subjonctif est un mode que l'on emploie le plus souvent dans les propositions subordonnées. Le subjonctif est régi par le verbe de la principale ou la locution qui introduit la subordonnée.
Verbes dans l’interview: souhaiter que, préférer que, croire que
Conjonctions dans l’interview: «  nous souhaitons que ce soit possible dans des règles strictes, bien sûr, mais que ce soit possible en Suisse »
2) adverbe de lieu: là
L’adverbe là est un mot simple de l’adverbe de circonstance et peut avoir différents fonctions. Généralement, on utilise « là » pour indiquer le lieu ou le temps. Mais on peut toujours combiner « là » avec un adjectif démonstratif, par exemple ce livre-là. Or, on distingue entre ce livre-ci, qui indique la proximité de livre et ce livre-là qui est le contraire du précédant. L’interview montre quelques exemples de l’adverbe de lieu et aussi de l’adjectif démonstratif:
a.                  à cet argument-là
b.                  Là, les opposants disent
c.                  Que répondez-vous à ces mots-là
d.                 dans ce domaine-là
e.                  sur ce terrain-là
f.                   cette boîte de Pandore-là
g.                  à ce moment-là
h.                  dans cette question-là
Exercices:
1) Replacez le mot « là » par un autre dans les exemples donnés ci-dessus.
2) Pourquoi insiste Alain Berset sur l’acceptation du DPI? Donnez deux raisons.
3) Quelles sont les deux garanties que le bébé-médicament ne soit pas paru en Suisse?


Solutions
1) a)-h) mais b) en exception, ont les mots « ce, cette, cet » que déjà indiquent un lieu ou temps. Alors, ils n'ont pas besoin du changement. Seulement b) peut être changé par exemple par « dans ce cas» ou « considérant ce fait ».
2) a) Les parents qui portent une maladie héréditaire doivent avoir une possibilité à faire un
       DPI en Suisse. Donc, le but est de ne pas aller à l’étranger, mais que ce soit possible en
       Suisse. 
b) La Suisse est un pays démocratique. Donc, c’est important que la Suisse puisse faire des décisions elle-même démocratiquement, que le DPI soit praticable et pratiqué. C’est important que le peuple ne ferme les yeux sur cette décision majeure.
3) a) le parlement a rejeté le bébé médicament de la loi
   b) la modification de la constitution sur laquelle on vote le 14 juin ne le permettrait pas non
      plus