dimanche 8 novembre 2015

6 - Rencontrer


Interview avec Guillaume Chevallier, fait par Tonia, 7.11.15, version révisée
Samedi, le 7 novembre, j'ai rencontré Guillaume Chevallier. Guillaume, un ami de ma famille, est d’origine française, mais depuis six ans, il habite à Fribourg, en Allemagne.
T : Pour commencer, je voulais savoir de quelle partie de la France tu viens ?
G : Je viens de la Sarthe et plus précisément d'un village entre Le Mans et Tours.
T : Pourquoi as-tu  quitté la France ? Et à quel âge ?
G : J’ai quitté la France à l’âge de 25 ans. Après avoir terminé mes études, je voulais découvrir autre chose que la campagne sarthoise.
T : Et tu es allé où exactement ?
G : Je suis allé à Djibouti, après je suis revenu en France pour un an, et ensuite je suis reparti en Afrique, cette fois au Nigéria, pour deux ans. C'était là que j’ai connu Cornelia, ma femme allemande, et nous sommes revenus en France, à Paris, pour trois ans, et enfin nous sommes allés à Fribourg.
T : Et pendant tout ce temps, tu as travaillé comme professeur ?
G : Oui, exactement.
T : Comment ça se fait que tu es maintenant professeur au DFG (Deutsch-Französisches Gymnasium) à Fribourg ?
G : J’ai quitté Paris avec une permission d’arrêter mon enseignement à Paris, donc je n’étais pas censé retravailler en tant qu' enseignant. J’ai reçu une disponibilité. Et juste avant de venir à Fribourg, la proviseure de Fribourg m’a contacté pour savoir si je voulais faire quelques heures dans son lycée. Donc j’avais beaucoup de chance. En fait, elle m’a contacté parce que j’avais envoyé mon CV auparavant, et, par conséquent, j’ai eu un contrat dans cette école franco-allemande. Au début, j’avais un contrat local et puis mon contrat local s’est transformé en contrat de durée indéterminée.
T : Quelles sont les matières que tu enseignes ?
G : J’enseigne la physique et la chimie.
T : Sur le site de l’école, j’ai lu que chaque année vous organisez un « Science Slam ». Tu peux expliquer ce que c’est et comment ça se passe ?
G : Oui. C’est une idée simple et géniale. C’est faire du standup et présenter une idée en français et en allemand en dix minutes. Bien entendu, c’est un projet scientifique. Par exemple une petite expérience ou une idée scientifique. C’est très compliqué pour les élèves. Et l’idée, c’est aussi de rassembler les élèves et le monde des entreprises. Sur scène, il y a cinq élèves et cinq scientifiques. Et les prix sont également subventionnés par les entreprises de la région. C’est un projet très intéressant et cette année nous allons le réaliser pour la troisième fois. A l’origine, le « Science Slam » est une idée allemande. Ça a été créé à Darmstadt en 2006, mais depuis, l’idée s’est diffusée par toute l'Europe et, aujourd’hui, il y a des projets similaires en Suisse, en Autriche, en France etc.
T : Tu es déjà en Allemagne depuis six ans. Quels sont tes plans pour l'avenir ? Rester en Allemagne, ou revenir en France ?
G : Non, je n’ai pas forcément envie de retourner en France. J’ai trouvé ce qui me convient, ici à Fribourg. On a une bonne qualité de vie et nous sommes contents. La vie à Fribourg est très bien et, en plus, pour des raisons pratiques : ma femme a un travail, moi aussi, donc on va rester ici.
T : J’ai encore une question : les professeurs du DFG, entre eux, parlent-ils français ou allemand ? Et comment  les réunions  sont-elles organisées?
G : En fait, ça se fait en fur et à mesure. Ça dépend des personnes, il y a des professeurs francophiles et d’autres plutôt francophobes. Il y a deux tiers d'enseignants allemands et un tiers d'enseignants français. La majorité enseigne le français comme matière, mais il y a aussi des professeurs qui n’ont aucun attachement au français. Normalement tout est traduit, par exemple les mails et tout ça. La règle, c’est que chacun s’exprime dans sa langue. Lors d’une réunion, la direction va s’exprimer dans les deux langues et mes collègues vont parler dans leur propre langue. Ce qui est intéressant, c'est qu’il y a même des professeurs allemands qui parlent français entre eux parce qu’ils sont tellement attachés au français.
T : Merci beaucoup pour avoir trouvé du temps pour cette interview et à bientôt.


jeudi 5 novembre 2015

Lecture- version révisée par Jevaire Sulejmani


lire à haute voix





b) Résumé des 3 Chapitres (53-55)

L’arrivée des nouveaux étrangers

On ignore toujours quels sont les fronts qui se battent dans la guerre, ce qu’on apprend c’est que de nouveaux étrangers arrivent dans la ville, voire dans le pays. Avant qu’ils ne soient arrivés, beaucoup d’habitants ont quitté le pays.

Partout, on voit des soldats, des jeeps militaires, mais pas de civils. Beaucoup ont abandonné leurs maisons et magasins, et à part les militaires, les rues sont vides.

Comme prévu paar la Grand-Mère, les militaires fouillent les maisons et magasins abandonnés, suivis par des voleurs qui profitent de la situation. Les jumeaux en profitent aussi et se servent de marchandises dans une librairie.

Pendant que les cambrioleurs et voleurs ivres font des ravages, ivres aussi, les soldats entrent encore une fois dans les maisons et violent les femmes.

L’incendie

Les jumeaux ne voient ni Bec-de-Lièvre ni sa mère pendant des jours. Ils entrent dans leur maison pour voir si elle vont bien et trouvent Bec-de-Lièvre morte. Elle a été violée à mort. Sa mère parle avec eux ; comme Bec-de-Lièvre le soupçonnait, elle n’est pas sourde… et elle n’est pas aveugle non plus.

Sa mère veut aussi mourir. Elle demande aux jumeaux de la tuer. Ils accèdent sans broncher à son vœu et lui tranchent la gorge, enfin mettent le feux à la maison.

La fin de la guerre

La guerre est finie, mais les gens continuent à souffrir. Les vaincus, emprisonnés, arrivent et seront embarqués dans des wagons et déportés dans un pays froid, comme la Grand-Mère explique aux jumeaux.

L’économie ne fonctionne plus ; l’argent n’a plus de valeur, il n’y a rien à manger, tout le monde manque de tout. Sauf les jumeaux et leur Grand-Mère, qui ne manquent de rien.

Les garçons, intelligents qu’ils sont, comprennent que les « Libérateurs » s’installent dans leur pays pour longtemps. Ils veulent alors apprendre leur langue et demandent à Grand-Mère de ne leur parler que dans la langue de Libérateurs. La Grand-Mère, en effet, comme on l’a appris dans le chapitre « Le départ de notre cousine », parle la langue des « nouveaux étrangers », c’est sa langue maternelle.  Ils apprennent vite.

c) Pourquoi ces chapitres sont-ils importants ?

L’arrivée des nouveaux étrangers
Même avec l’arrivée des nouveaux étrangers, le peuple continue à souffrir. Il est maintenant attaqué par de nouveaux agresseurs. C’est à cause d’eux qu’ils vont perdre leur amie Bec-de-Lièvre.

L’incendie
Notamment grâce à leurs exercices d’endurcissements les jumeaux ont appris à réprimer leurs sentiments et leurs affections. Il n’aiment pas si quelqu’un fait le gendarme, mais s’ils aiment bien la personne et si le vœu de cette personne leur convient, ils accèdent à ce vœu, même si cela signifie tuer la personne.

La fin de la guerre
Les jumeaux savent s’adapter à chaque nouvelle situation. En plus, le chapitre montre qu’ils sont mieux avec leur Grand-Mère qu’avec quiconque.

d) Interprétation/ recherche

Quand Agota Kristof a écrit Le grand cahier, il est probable qu’elle a pensé à Köszeg, une petite ville en Hongrois près de la frontière avec l’Autriche. Quand elle y a déménagé en 1944, elle avait 9 ans, comme les jumeaux. L’action se passe durant la seconde guerre mondiale. Les « déportés » sont des Juifs et « l’armée des Libérateurs » est celle de l’Union soviétique.

Le peuple hongrois souffre beaucoup pendant la guerre (collaboration avec l’Allemagne nazie, déportations des Juifs, persécution politique,…) et aussi après la guerre (ruine économique, occupation soviétique, …). La politique imposée par l’URSS mène à une révolte du peuple hongrois, l’insurrection de Budapest en 1956.

OUÏR-VOIR, Patrick Minnig

b) Le film en bref

Titre: Le Magasin des Suicides
Réalisateur: Patrice Leconte
Scénariste: Patrice Leconte
Année de sortie: 2012
Acteurs principaux: -
Durée: 90 minutes
Genre: Animation, Comédie musicale
c) d) Choix de deux scènes et explication de leur importance

Dans la première scène il s'agit de la chanson de la famille des Tuvaches qui fait partie du genre de la comédie musicale. Cette scène se trouve au début du film et montre bien l'environnement dans lequel le film se déroule. Dans un monde triste et plein de suicides, la famille des Tuvaches a installé un magasin qui offre des méthodes pour se suicider. Dans la chanson le spectateur est montré plusieurs méthodes et utiles avec lesquelles les gens peuvent se suicider. Le père de la famille est très fier de son magasin et toute la famille le soutient. Le contenu de la chanson aussi illustre les circonstances du monde dans lequel les gens vivent. La famille se finance grâce à des gens qui se suicident parce qu'ils ne veulent plus vivre dans un monde si triste et si insupportable.
La deuxième scène est capitale parce qu'il y a un événement qui va influencer toute l'histoire. La famille des Tuvaches s'élargit avec la naissance d'un enfant qui s'appelle Alan. Au début de la scène, on déjà réalise le dilemme que la famille obtiendra pendant le reste du film. Alan n'est pas comme le reste du monde – Il n'est pas triste et il sourit tout le temps. Le dilemme est que la famille vend des articles pour se suicider et que le magasin est un succès, parce que les gens veulent se suicider. Mais dans la scène on voit bien qu'Alan influence les personnes, comme la vielle dame qui est étonnée et contente en même temps de voir un enfant qui sourit.

e) À l'origine, Le Magasin des Suicides est apparu en 2004 sous la forme d'un roman. Quelques années plus tard, Patrice Leconte a annoncé qu'il envisage de réaliser un film d'animation adapté du roman.  Dans le film, la musique joue un rôle central. Patrice Leconte a demandé à Etienne Perruchon de composer la musique. Avec une durée de 90 minutes, Le Magasin des Suicides reçoit beaucoup de critiques comme: « En adaptant le plus gros succès littéraire de Jean Teulé (et en positivant la fin), Patrice Leconte fait une entrée remarquée dans l'univers de l'animation ».

mercredi 4 novembre 2015

4-VOIR-ECOUTER, Patrick Minnig


a)
Emission : Interview exclusive ave Gaël Monfils
Thème : Interview Gaël Monfils après sa qualification aux quarts de finale de Roland Garros 2014 après son match contre l'espagnol Guillermo Garcia-Lopez (6-0, 6-2, 7-5)
Intervenants : Gaël Monfils

b) Transcription
Int.1:  
Vraiment Gaël bravo. Je peux vraiment dire ce que dit tout le monde et en plus il y a vraiment une image qui nous a frappés cet après-midi, ce soir. C'est votre sérénité sur le court autant l'autre jour contre Fabio Fognini. C'était vraiment le Gaël qu'on connait – spiderman – araignée man etc. Vous courriez dans tous les sens, vous demandiez l'appui du publique. Autant ce soir vous êtes resté d'une sérénité totale qui a l'évidence vous a aider à gagner le match surtout à la fin.
Gaël:  
Oui, j'étais bien aujourd'hui. J'ai senti que je fais rester un peu plus sur moi aujourd'hui. Je me sentais bien. J'avais un petit peu peur, forcement, physiquement donc je me suis dit que je vais essayer [d'autoriser] un petit peu plus aujourd'hui, mais je me sentais bien dans mes appuis. Ça m'a bien aidé, donc j'ai continué ça.
Int.1:
On a eu le sentiment, Gaël, qu'il y a eu deux matches dans ce match. Les deux premiers sets: gagner vraiment à la hussarde, et puis le troisième set qui a été quand même beaucoup plus difficile. Vous avez été deux ou trois fois à deux pas de concéder ce troisième set. Qu'est-ce qui trottait dans votre tête dans ce moment-là?
Gaël: Il jouait mieux, il a changé un petit peu le jeu, il a lâché un peu plus ses coups. Je pense que ça m'a gêné. Je restais un peu trop dans mes jeux, trop joué de croisée - croisée. Donc voilà, il s'est habitué aussi donc après - voilà je devais changer un peu plus ma façon de jouer et rester agressif.
Int.1:  
Votre père, votre entourage, vous-même sembliez très confiant. Vous sembliez d'être sur une sorte de nuage que vous soyez le dernier français dans ce tournoi mais ne vous mettiez pas de de pression, de responsabilité particulière?
Gaël:
Vous savez, je ne pense pas. J'essaye de faire match par match. Voilà, comme chaque année, j'essaye de donner le maximum ici.
Int.1:  
Ce que je voulais vous dire, c'est que John McEnroe a dit de vous tout à l'heure dans une interview – Jon McEnroe c'est un nom que – oui, mais écoutiez, il a dit que, je vais quand même vous dire, il a dit qu'il a toujours pensé que s'il y a un Français qui pouvais gagner ce tournoi, c'était Gaël Monfils. Qu'est-ce que ce genre de remarque d'un des plus grand joueurs de l'histoire vous…?
Gaël:  
Cela me touche énormément, vraiment, merci à lui, ça me touche énormément, mais voilà je m'ai qualifié pour les quarts et  j'ai pensé match par match et j'espère qu'un jour il a raison.
Int.1 : 
En 2008, vous étiez en demi-finale ici-même. Votre meilleur résultat ici était de perdre de justesse contre Roger Federer cette cinq ou quatrième set t il y a six ans déjà, et est-ce que vous sentez que vous pouvez, comment dire, comment vous sentez vous?
Gaël:  
Non je ne sais pas. Vous savez très bien je prends match par match.
Int.1:  
Il faut, vous dites toujours "match par match", mais…
Gaël:  
On verrait après. J'ai pas de […],  pour l'instant je n'ai pas de […],  je ne fais pas de conclusion ou de comparaison. Je reste "match par match".
Int.1:
Sérénité! Un mot qui vous va bien actuellement ?
Gaël:
J'essaie, j'essaie.
Int.1:  
Alors, écoute, je crois que,  je suis même sûr, que le capitaine de coupe Davis Arnaud Clément étaient président du fan club de Rafael Nadal mais, je crois qu'il y a un deuxième fan club, c'est le vôtre, et je crois que l'équipe d'Espagne ont certainement une ou deux questions pour vous.
Int.2:  
Oui, en fait, pas vraiment, parce que je partage parfaitement l'analyse de Gaël sur son match, et puis voilà c'est, ça m'ai fait vraiment plaisir de te voir jouer comme ça. Bravo! Et puis, voilà, reste concentré. T'as raison, "match par match", même si Nelson, il aimerait une autre réponse, mais en tout cas t'as raison.
Int.1:  
Souvent les joueurs disent "match par match" et on a envie, évidemment, d'en savoir plus, mais enfin […]
Int.3:
Mais ce que c'était bien, Gaël, tout cas c'était, que ce soit réglé en trois sets, parce que vous avez fait une défense mais incroyable, et notamment, sur à la fin du troisième set, et vous êtes allés puiser quand même un petit peu dans votre physique et dans vos réserves il valait mieux que ça sera réglé en trois sets. C'est un moment où vous vous êtes dit dans la tête: il faut vraiment que je ne lâche rien là-dessus, et vous étiez braqué et vous êtes revenu au score, et c'est un effort considérable.
Gaël:  
Exactement, je me suis dit que trois sets, c'était mieux, et voilà au moins de juin, et je sentais aussi, qu'il a commencé plus à s'adapter à mieux jouer, donc c'était mieux de finir en trois sets
Int. 3:
Voilà, l'histoire continue, c'est l'essentiel. On va vous laisser récupérer. Bravo!
Gaël:  
Merci.
Int. 3:
Bravo!
Deux analyses linguistiques:
1) On va bien qu'il s'agit d'un discours spontané parce qu'il y a beaucoup de répétitions, particulièrement dans la parole de Gaël Monfils. Dans la linguistique, des répétitions peuvent être produites par exprès pour accentuer une chose mais dans ce cas-là, les répétitions sont le résultat parce que le locuteur cherche ses mots sur l'axe paradigmatique et a de la peine à continuer son syntagme.
2) Dans l'interview, il n'y a pas beaucoup de chevauchements. Donc, le système de "turn-taking" fonctionne très bien. Cela est le cas parce que les locuteurs réalisent le TRP ("transition relevant pont") et ne commencent presque jamais à parler avant que le locuteur finisse son tour. Quand il y a des chevauchements, le TRP n'était pas réalisé et les locuteurs parlent en même temps.
Exercice audio-visuel:
Trouvez les fautes dans les quatre déclarations suivantes. Si une déclaration est totalement fausse, corrigez-les.
1. Dans l'interview, Gaël Monfils est comparée avec Superman à cause de sa performance physique.
2. Gaël Monfils était, comme toujours, très calme et cela est la raison qui lui a fait perdre le match.
3. Le joueur de tennis est vraiment satisfait pour le match suivant et il pense qu'il va gagner.
4. C'était important que Gaël Monfils gagne en quatre sets, et c'est donc ce qu'il a fait.

II – LECTURE

a)     Le grand cahier, Agota Kristof, Edition du Seuil, 1986
b)    Chapitres: Le charnier, Notre mère, Le départ de notre cousine
Ces trois chapitres sont d’importance parce qu’ils traitent de la brutalité et de la cruauté auxelles les enfants sont confrontés en situation de guerre. Ils montrent ce que la guerre fait des enfants. Ce qui est arrivé aux gens du camp dans Le charnier est aussi le sort de la mère des jumeaux et il lui arrive au moment précis où elle vient pour prendre ses enfants avec elle. Ceux-ci ne veulent pas partir avec elle, ils préfèrent rester chez la grand-mère aussi grand soit le danger auquel ils seront exposés. Ils ont établi leur nouvelle vie propre. La cousine, au contraire, se montre joyeuse du fait d’être emmenée afin qu’elle retrouve ses parents.
Les garçons réagissent aux événements cruels qu’ils vivent avec une indifférence absolue. Ils sont peut-être les seuls à avoir compris qu’on a beau s’enfuir, la guerre est partout.

c) Résumés
1)    Le charnier
Pendant la nuit, les jumeaux endentent des explosions et des coups de feu et ils voient le camp brûler. Le lendemain ils vont l’inspecter. Il pue terriblement et quelques bâtiments sont toujours en train de brûler. D’un mirador, les jumeaux voient des bûchers noirs, qui se révèlent être des cadavres brûlés. Le spectacle fait vomir les jumeaux. De retour à la maison, ils n’arrivent pas à manger et vomissent encore. La grand-mère ne s’intéresse qu’à ce que les « héros », comme elle appelle les responsables de ce charnier, auraient pu oublier dans le camp. Mais les jumeaux lui disent qu’il n’y est rien resté d’utile.
La cousine va en ville, bien que ce ne soit pas encore le soir, ce qui étonne les jumeaux. Elle dit qu’elle attend quelqu’un, et elle part, l’air heureux.

2)    Notre Mère
La mère des jumeaux apparaît soudain chez eux. Elle veut partir dans l’autre pays et prendre les garçons avec elle. Elle porte un bébé qui est la petite sœur des jumeaux. Mais ni les garçons ni la grand-mère veulent qu’ils partent ensemble. L’officier, qui accompagne la mère, essaye d’attraper les jumeaux, mais ils se cachent dans le galetas. Ils ne descendent pas quand la mère, et pas non plus quand la grand-mère leur ordonnent de venir. Tout à coup il y a des tirs et des fusillades. L’officier ne réussit pas à pousser la mère dans la voiture. À la suite de l’explosion d’un obus, elle et le bébé meurent. Ce sont les jumeaux qui s’occupent de l’enterrement. Quand la cousine rentre de la ville, ils lui disent simplement, qu’il y a eu une explosion dans leur jardin.

3)    Le départ de notre cousine
Après une nuit pleine d’explosions et de fusillades, des étrangers arrivent à la maison de la grand-mère. Ce sont un homme en civil et des officiers vêtus d’un uniforme inconnu qui parlent à la grand-mère dans une langue étrangère qui est sa langue maternelle. Le civil est à la recherche des enfants figurant sur sa liste afin de retrouver leurs parents. La cousine et son amoureux sont deux de ces enfants, alors que les jumeaux peuvent rester chez la grand-mère. Tout le monde est heureux, la cousine parce qu’elle peut partir avec son amoureux et la grand-mère parce qu’elle peut garder les garçons. La cousine part avec les hommes.



3) Ouïr-Voir Susanne Roth, révisée 4.11.2015

b) Le film en bref :
Titre : La Chèvre
Réalisateur : Françis Veber
Scénariste : Françis Veber
Année de sortie : 1981
Acteurs principaux : Pierre Richard et Gérard Depardieu
Durée : 1 heure 35 minutes
Genre : Comédie

c + d) Choix de deux séquences et explication de leur importance :
1) La première scène est essentielle pour comprendre le reste du film, parce qu’elle explique comment l'improbable collaboration entre le détective professionnel et le malchanceux peu réaliste s’est formée : Après que Marie, sa fille, a été enlevée pendant ses vacances au Mexique, son père, Alexandre Bens, PDG d’une entreprise, est inconsolable. Pendant plusieurs semaines, ni la police ni un détective averti n'ont trouvé une seule trace de la jeune femme. Mais un jour, le psychologue de l'entreprise a une idée : puisque Marie n’était jamais très adroite (en fait, elle allait d’un accident à la catastrophe suivante), peut-être fallait-il engager un « spécialiste », quelqu’un aussi malchanceux que la fille et capable ainsi de comprendre ce que lui est arrivée. Il présente François Perrin à Bens et, pour lui démontrer le « talent » particulier de Perrin, il a arrangé l’expérimentation avec les chaises qui est montré dans cette scène.
2) Bens est désespéré et il est d’accord de donner à Campana (le détective) une deuxième mission, mais cette fois il sera accompagné par Perrin. Campana n’aprouve pas la manoeuvre, surtout parce que Perrin sera responsable de toutes les décisions, mais il ne veut pas décevoir son ami Bens. D’abord, Campana ne cesse pas de s’énerver toujours de son collègue maladroit, mais, bientôt, ils découvrent des indices, grâce au fait que que Perrin suffit des mêmes accidents que Marie, et que le personnel qui s’occupe de ses accidents (la police, les infirmières) se souvient de la jeune femme. Leur aventure les mène dans des bordeles, des repaires de brigands, une prison et, finalement, même dans la jungle – toujours accompagnés des petites catastrophes qui arrivent à Campana. Bien que les deux hommes soient très différents, ils développent entre eux un rapport d’amour et de haine. Campana se sent de plus un plus responsable de son ami malchanceux et à l’esprit plutôt simple et le protège, par contre ce dernier croit avoir finalement trouvé sa vraie profession. Dans la jungle, quand leur voiture s’abîme, ils se disputent et Campana dit finalement la vérité à son compagnon, qu’on l’avait choisi, non pas parce qu’il était un détective excellent, mais à cause de sa malchance chronique. Cette scène est importante, parce que Perrin y apprend finalement la vérité, et qu'il ne sera désormais plus un outil, mais devient une personne autonome qui ne se laisse plus influencer. Perrin est très froissé, naturellement, et il attaque Campana. Bien que celui se donne de la peine de ne pas lui faire mal, Perrin se blesse lui-même et tombe inconscient. Campana l'emmène dans un hôpital à la jungle, et, au moment où Perrin se réveille, il trouve une jeune femme dans le lit voisin, une femme qui a apparemment de la malchance car elle s’était blessé la tête…


e) 2 explications / interprétations / recherches :
1) En 1991, Nadia Tass a réalisé un remake américain de ce film sous le titre « Pure Luck ». Françis Veber était présent comme consultant, mais l'anecdote raconte qu’il devait apprendre une nouvelle version de « politiquement correct », c’est-à-dire la version américaine. Veber avait proposé de choisir de nouveau un acteur d’origine latino pour jouer le kidnappeur, comme il l’avait fait dans le film original, mais Tass lui a expliqué qu’elle ne voulait pas tirer la haine de toute la communauté latino en faisant un tel choix.
2) La critique : « La Chèvre » n’est pas un film classique, mais c’est quand même une comédie populaire, jusqu’à aujourd’hui. Le remake américain a reçu un meilleur accueil et Tass encore a continué de gagner de l’argent avec le film jusqu’à 1998 au moins. Bien que le film soit vraiment très drôle, le thème (deux personnages très différents qui doivent travailler ensemble) n’est pas nouveau ni unique et de plus le film manque de la profondeur. Quelques scènes sont même plutôt inexplicables, comme celle où un gorille essaie d’enlever Perrin dans la jungle. Cette scène est très drôle parce qu’elle est complètement imprévue, mais de l’autre côté les gorilles n’existent pas en Amérique…

dimanche 1 novembre 2015

Traduction par Jevaire Sulejmani



a) Traduction

 L’invisible
Au crépuscule, j’allai à la grande place au centre de la ville. Ce n’étaient pas ses couleurs ou sa vivacité que je cherchais. Je les connus bien. Je cherchai un petit tas brun au sol, qui ne se composait même pas d’un voix mais d’un seul son. C’était un « è-è-è-è-è-èh » profond, étiré et bourdonnant. Il n’augmentait jamais, ni diminuait et il ne s’arrêtait non plus. Et parmi tout ces appels et cris de la grande place il était toujours perceptible. C’était le son le plus constant de la place Djema el Fna, qui ne changeait ni pendant une soirée, ni du soir au soir.

Déjà de loin, je tentai de l’écouter. Une agitation, pour laquelle je n’avais pas d’explication, m’y poussa. Je serais sûrement allé à la Place, beaucoup de choses m’y attiraient, et je ne doutais jamais de le retrouver, avec tout ce qui lui appartenait. Mais de ce voix, réduit à un seul son, je ressentais quelque chose comme angoisse. Il était presque vivant, la vie qu’il faisait naître, n’était rien d’autre que ce son. J’étais avide et anxieux de l’écouter et chaque fois, j’arrivais à un point de mon chemin, toujours le même, où je l’écoutais, comme le bourdonnement d’un insecte : « è-è-è-è-è-èh ».

Je sentis un calme inexplicable s’étaler dans mon corps entier, et d’abord en pas hésitants et chancelants, je m’approchai avec une détermination vers le son. Je savais où il était. Je connaissais ce petit tas brun au sol, dont je n’avais jamais vu plus qu’un morceau de tissu rugueux. Je n’avais jamais vu la bouche, dont sortait le « è-è-è-è-è-èh » ; ni l’œil ; ni la joue ; aucun part du visage. Je n’aurais pas pu dire, si ce visage était celui d’un aveugle ou s’il voyait.


b) Points de grammaire

Conditionnel
Le conditionnel est le mode utilisé lorsque celui qui parle envisage l’action comme liée à une condition. Il est souvent précédé d’une subordonnée circonstancielle de condition.

Ex. Si j’avais de l’argent (subord. circ. de condition), j’achèterais une maison (conditionnel).

A retenir : Le verbe de la subordonnée circonstancielle de condition, introduit par si, ne peut jamais se mettre au conditionnel, même si on l’entend souvent à l’orale !

Si j’aurais à Si j’avais !

Le conditionnel existe au présent (j’irais) et le passé, dont il y a deux forme (je serais allé(e)/ je fusse allé(e)).

Pronoms relatifs composés

(Masc. Sing.)          Lequel                      +À : auquel                             +DE : duquel                          +AVEC : avec lequel
(Fém. sing.)            Laquelle                   +À : à laquelle                         +DE : de laquelle                   +AVEC : avec laquelle
Masc. Pl.                 lesquels                   +À : auxquels                          +DE : desquels                       +AVEC : avec lesquels
Fem. Pl.                   lesquelles                +À : auxquelles                       +DE : desquelles                    +AVEC : avec lesquelles

Accord du participe passé des verbes pronominaux

Les verbes pronominaux forment tous leurs temps composés avec être.

Je me suis coupé.

Lorsque le pronom (me, te, se) est le complément d’objet direct (COD) du verbe (se rencontrer, se baigner), le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec ce pronom COD qui renvoie au sujet.

Florence et Anne (suj. fém. pl.) se (COD) sont baignées (fém. pl.) dans la rivière.

Lorsque le pronom est le complément d’objet indirect (COI) du verbe (s’acheter, se dire), le participe passé ne s’accorde pas avec ce pronom.

Elle s’ (suj. COI) est dit des choses terribles (COD après le verbe).

Mais il peut s’accorder avec un groupe nominal COD placé avant le verbe.

Tu peux imaginer les choses (fém. pl.) que (COD avant le verbe) je me suis dites (fém. pl. accord avec le COD).



c) L’œuvre

L’invisible est un chapitre d’un journal de voyage au Marrakech par Elias Canetti. En 1953, il y fait un séjour et restitue avec « Les voix de Marrakech » non seulement les bruits, mais aussi les couleurs et les odeurs de la grande ville marocaine dans l'intimité de sa vie quotidienne.
Elias Canetti, né le 25 juillet 1905 en Russe, Bulgarie était un écrivain d’expression allemande. Il a longtemps résidé en Suisse jusqu’à sa mort en 1994 à Zurich.